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Mise en oeuvre de PEKK au laboratoire de prothèse

Dans un post précédent, nous avons passé en revue les caractéristiques de la nouvelle génération de polymères thermoplastiques hautes performances que constituent les PEKK.

Nous allons voir ici quelles sont les possibilités de mise en œuvre au laboratoire de prothèse afin de savoir si, au delà des effets d’annonce commerciales, ces nouveaux matériaux constituent un réel avantage.

Indications et cotes de préparation

Les indications du matériau sont limitées à des couronnes unitaires et à des bridges de 3 éléments.
Les cotes de préparation sont globalement les mêmes que pour les restaurations céramo-céramiques. Les épaisseurs de matériaux doivent être respectées et contrôlées tout au long de la conception prothétique.

Contre-indications

Le matériau est déconseillé :

  • en cas de fortes contraintes occlusales,
  • pour la réalisation de bridges de plus d’un élément intermédiaire,
  • lorsque l’espace prothétique est insuffisant et ne permet de pas de respecter les cotes minimales de matériau.

Le PEKK se présente sous forme de lingotins de couleur blanc cassé et sa mise en œuvre peut se faire de deux manières :

  1. Par pressée : le prothésiste confectionne, sur le MPU, une maquette en cire de la future armature prothétique. Une/des tige(s) de pressée sont mises en place et la maquette est mise en revêtement. Dans un four de pressée adapté, le ligotin de PEKK est chauffé, puis pressé dans un cylindre pour atteindre la tige de coulée. Après refroidissement, on obtient l’armature prothétique qui pourra être maquillée.
  2. Par CFAO : une empreinte optique (soit directement en bouche, soit du modèle de travail) génère un fichier informatique SLT ouvert qui est transmis à un centre d’usinage agréé.

Maquillage

Bien que l’on puisse utiliser le PEKK pour fabriquer des couronnes pleines, la recherche d’un résultat esthétique nécessite le maquillage du matériau. Il n’est pas possible d’utiliser les céramiques feldspathiques habituelles. Seulement deux options s’offrent à vous :

  1. Des facettes du commerce.
  2. Des résines composites : à la sortie du revêtement, l’armature est grattée, sablée, son extrados est recouvert d’un primer d’adhésion (Visiolink, Bredent) puis la résine cosmétique est stratifiée.

Assemblage clinique

Le matériau PEKK supporte les retouches de l’intrados et le composite de maquillage supporte les retouches occlusales qui devront être polies.
L’assemblage peut se faire soit par scellement (provisoire ou au CVIMAR), soit collage (avec silanisation préalable).

  • Les indications limitées ne font-elles pas de ce matériau un outsider ?
  • L’équipement spécifique et la stratification de composite permettent-ils une réelle économie des frais de laboratoires ?

Commentaires

Jean-Michel Moal

Bonjour j’ai découvert ce matériau, il y a quelques années, il est super, mais pour le laboratoire il y a un gros hic, c’est le coût dans la mesure où la plage d’utilisation est réduite, difficile à rentabiliser et à répercuter pour une facturation correcte.

Bonjour Jean-Michel
et merci de nous donner votre point de vue de maitre-prothésiste.
On comprend dans ce que vous écrivez que le matériau est satisfaisant pour ce qui est de sa mise en oeuvre et de ses caractéristiques physico-chimiques mais qu’il reste coûteux.
Selon vous, est-ce parce que les praticiens ne sont pas assez demandeurs ou parce que les équipements de laboratoires sont trop onéreux?

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