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L’occlusion sur implant #1 : Quelle différence entre un implant et une dent ?

Nous avons vu dans un précédent post que le dévissage était une complication fréquente en prothèse implantaire et nous en avons envisagé les causes potentielles. Les forces occlusales transversales en font partie et peuvent conduire à des descellements répétés des prothèses si celles-ci sont scellées ou à des complications beaucoup plus graves comme des fractures des composants prothétiques (céramique, résine, vis, pilier, implant).

Ce post en 2 parties illustre comment la morphologie occlusale joue un rôle important dans la protection des restaurations implantaires et adapter au mieux la conception prothétique aux contraintes mécaniques fonctionnelles.

Implant / dent naturelle : quelles différences ?

En l’absence de maladie parodontale, la dent naturelle absorbe les forces occlusales par l’intermédiaire du desmodonte ou ligament parodontal. Ces forces peuvent s’appliquer selon les trois dimensions (apico-coronaire, vestibulo-linguale et mésio-distale) et le desmodonte agit à la manière d’un coussin amortisseur. Les contraintes sont ainsi absorbées sur toute la surface radiculaire. La dent est donc capable de se déplacer dans son alvéole sur une amplitude d’une centaine de microns.

Note : Si des forces occlusales anormales traumatisent une dent on parle de trauma occlusal primaire. Si la dent perd de son support parodontal en raison d’une maladie parodontale, elle perd également cette capacité à absorber les contraintes occlusales : on parle de trauma occlusal secondaire.

Autour des implants, il n’y a pas de ligament parodontal. On perd donc l’effet amortisseur. Les forces s’appliquent toujours dans les trois dimensions de l’espace mais les mouvements de l’implant ne sont que de l’ordre du micron (essentiellement par flexion de l’os). Les forces ne sont donc pas distribuées mais concentrées. De nombreuses études en éléments finis ont montré que les contraintes occlusales se concentrent à deux niveaux :

  1. Les premières spires de l’implant

    Le design de l’implant utilisé conditionne pour beaucoup la zone sur laquelle les contraintes vont se concentrer mais un excès de contraintes à ce niveau peut conduire progressivement à une perte osseuse crestale et à la fracture de l’implant.

  2. La jonction pilier-implant

    C’est toujours le maillon faible d’une chaîne qui casse en premier. C’est uniquement grâce à la vis de pilier que la jonction piler-implant peut résister aux contraintes tridimensionnelles. Un excès de contraintes à ce niveau peut provoquer un dévissage ou une fracture de la vis de piler, un dévissage ou une fracture de la vis de prothèse (le cas échéant) ou le descellement d’une prothèse scellée.

Les notions biomécaniques ont-elles une influence sur la conception des traitements implantaires ?
Pensez-vous que ces notions soient sous-estimées dans la formation en implantologie ? Ces notions vous semblent-elles confuses ou contradictoires ?

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