Naviguer / Chercher

Les cantilevers en prothèse implantaire #1

Les cantilevers en prothèse implantaire ne sont pas interdits. Ils peuvent être d’une grande utilité pour remplacer une dent sans avoir à placer un implant supplémentaire. Mais encore une fois, la prudence s’impose et certaines règles sont à respecter.

Un précèdent post a montré que le réglage de l’occlusion sur les prothèses implantaires devait permettre de supprimer les forces qui ne s’appliquent pas selon le grand axe de l’implant.

Par définition, les cantilevers créent un porte-à-faux important et sont susceptibles de provoquer des complications mécaniques. Pourtant, au fil des années et des séances de contrôles aucun problème ne se déclare. Pourquoi ?

Le secret réside dans la solidarisation des implants entre eux qui va permettre de leur distribuer la charge occlusale et résister au porte-à-faux. Voilà pourquoi il faut toujours solidariser les implants adjacents. Toujours.

Si les implants sont bien solidarisés et que la situation clinique le permet, la conception prothétique va peut être pouvoir permettre l’utilisation de cantilevers. La littérature ne donne pas de réponse claire sur la longueur du cantilever qu’il est possible d’utiliser car le problème est multifactoriel. Le bon sens veut que plus vous avez d’implants, plus ils sont larges et moins les forces occlusales sont intenses, plus il sera possible d’utiliser des cantilevers.

Pensez-vous que l’usage des cantilevers en implantologie soit déraisonnable ?
Dans quelles situations cliniques les utilisez-vous ?
Quelles précautions sont à prendre ?

Commentaires

vinjau

Bonjour,
quand vous dites « il faut toujours solidariser les implants adjacents » je suppose que vous voulez dire en cas de cantilever ?

sadaikha

j ai toujour entendu parler qu il ne faut pas faire une extension en distale lié a un implant unitaire c est a proscrire en prothese implanto portée mais que c’est faisable en mesiale en position légere sous occlusion cela est indiqué
es ce que c est ca un cantilver??
c est quoi la traduction du cantilver ??( anglais) en francais ?? porte a faux?? ;merci pour la reponse

sadaikha

au faite j’aimerai bien voir des photos plus explicites du cantiliver merci

laurentrb

en fait il me semble que le cantilever est du coté droit de deux premo et du coté gauche de une demi primo et une molaire …. En fait (et je ne pense pas que cela ai changé dans la litterature récente ) la longueur du cantilever est de 1,5 fois la langueur séparant l’axe de l’implant le plus mesial et l’implant le plus distal

Guillaume GARDON-MOLLARD

@laurentrb : tout à fait! Nous allons en discuter dans le prochain post…Vous êtes perspicace!
@vinjau : pas uniquement en cas de cantilever. Je solidarise TOUJOURS les prothèses sur des implants adjacents.
@sadaikha : le cantilever est une extension en porte-à-faux. Vous pouvez voir sur l’illustration de la prothèse complète sur implants que les dents s’étendent en postérieur des implants les plus distaux. Je ne fais JAMAIS de cantilever distal sur un implant unitaire. Le cantilever mésial sur un implant unitaire peut trouver des indications dans le secteur antérieur si les paramètres occlusaux (c’est à dire l’intensité des contraintes au niveau du guide antérieur) le permettent. Voici un cas :

vinjau

En ce qui concerne la question de la solidarisation, il me semble que la littérature n’apporte pas de réponse claire dans un sens ou dans un autre.

eric

Je suis d’accord avec vinjau. Ce côté péremptoire quant à la solidarisation des implants m’étonne. Sur quoi cela se base t-il ?

Guillaume GARDON-MOLLARD

@vinjau et @eric : si la littérature n’a pas pu fournir de réponse claire sur le sujet c’est parce que le problème des contraintes qui s’appliquent sur les restaurations implantaires est multi-factoriel. Entrent en ligne de compte : la densité osseuse, le design de(s) implant(s), la taille et le nombre de(s) implant(s), la nature des dents opposées, le schéma occlusal du patient, la musculature du patient, la présence d’une éventuelle parafonction, la conception prothétique… Impossible donc d’imaginer une étude qui puisse apporter une réponse nette et précise.
Je suis d’accord avec vous, il y a autant d’études « pour » que d’études « contre » la solidarisation. Inutile de rentrer dans une bataille d’articles.

Je vous propose de raisonner ainsi : contrainte = force / surface. Si vous augmentez la force et diminuez la surface d’application, la contrainte sera d’autant plus intense. Donc, en solidarisant les prothèses, vous augmentez la surface d’application de la force et vous réduisez la contrainte en la répartissant sur l’ensemble du système.

Et je vois deux autres avantages à la solidarisation :
1- la manipulation des composants lors des manoeuvres d’essayages et d’assemblage est beaucoup plus simple
2- au niveau des crêtes marginales en céramiques (qui sont des zones à risques en prothèse implantaire : https://www.idweblogs.com/e-implanto-proth/2013/09/18/locclusion-sur-implant-2-eliminez-les-porte-a-faux/), le soutien de l’armature réduit le risque de fracture du matériau.

Qu’en pensez-vous?

eric

Vos arguments se justifient très bien. Et c’est justement là le problème de sujet de la solidarisation; c’est que les deux réponses se justifient donc, pas de réponse claire au sujet.
Pour ma part, je suis encore très fidèle aux préceptes de Schillingburg qui recommandait d’arrêter de tout solidariser.
En outre , certes il y a le problème des points de contact. Certes il y a le problème des crêtes marginales mais il y a aussi le problème de la réintervention et de devoir tout enlever. Les points de contacts et le manque de soutien du matériau sont de vrais problèmes qui doivent se gérer avec le prothésiste en le  » recadrant » lorsque , malheureusement, le design n’est pas conforme à ce qu’on peut en attendre.
Bref , pas de solution consensuelle et simple.
Bel article. Merci.
Ah si, une petite remarque concernant les photos du cas de l’incisive en extension. Vous mettez une photo intitulée  » résultat ». Bien mais en l’occurrence, compte tenu du sujet qui nous préoccupait, cette image n’a aucun intérêt. Le  » résultat » attendu des lecteurs est de tout autre ordre. On aurait aimé la radio et les radios de suivi pour apprécier le remodelage osseux ou non au niveau de la canine. En tout cas le résultat esthétique est superbe. Mille bravo.

Guillaume GARDON-MOLLARD

Merci Eric pour vos remarques.
Le cas présenté était à l’attention de sadaikha qui souhaitait des images plus explicites de ce qu’est un cantilever. Je vous joins la radio de contrôle le jour de la pose de la prothèse. La prothèse est en place depuis 2 ans. La patiente ne s’est pas encore représentée pour un RDV de contrôle mais je rajouterai une radio de suivi soit dans un commentaire soit dans un post dédié. En effet ce cas est très intéressant car, comme vous le suggérez, il pose la question du suivi dans le temps mais aussi de la gestion de l’occlusion sur un implant unitaire en site de canine.
Le résultat esthétique a été assuré par un travail collectif en collaboration avec le Dr Thierry Degorce pour la partie chirurgicale et Mr Jacky Pennard (Laboratoire CeramFixe à St Avertin).

[…] Les cantilevers sont utilisés depuis l’aube de l’implantologie. Avec la prothèse dite « sur pilotis » pour le traitement de l’édentement complet mandibulaire : cinq ou six implants placés en avant des foramens mentonniers permettent l’utilisation de cantilevers distaux bilatéraux. Ainsi, si le volume osseux est insuffisant dans les zones postérieures, la prothèse peut tout de même remplacer les premières molaires et éviter de lourdes procédures chirurgicales d’augmentation osseuse. […]

Laisser un commentaire