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Le contrôle du torque

La problématique du vissage est un sujet critique en prothèse implantaire. Dans des posts précédents, nous avons abordé certaines des notions que le praticien doit avoir à l’esprit :

De notre expérience, les conceptions vissées semblent plus vulnérables aux défauts de vissage que les restaurations scellées, et malgré toutes les précautions que nous pouvons prendre, il n’est pas rare de constater des dévissages.

Nous utilisions essentiellement des clés dynamométriques (photos). De l’aveu même du fabricant, ces dispositifs de serrage, pour être parfaitement efficaces, doivent être calibrés et contrôlés au fil du temps. Il arrive en effet qu’après un certain temps, le torque effectif délivré soit inférieur à sa valeur réelle.

Après avoir constaté des dévissages intempestifs, nous avons testé le contrôleur électronique de torque IA-400 de la firme W&H.
Il s’agit d’un contre-angle dynamométrique électronique sans fil, rechargeable et stérilisable pouvant recevoir tous les mandrins des différents systèmes prothétiques implantaires.

Les commandes permettent :

  • un mode vissage (rotation horaire)
  • un mode dévissage (rotation anti-horaire)
  • un sélecteur de la valeur de couple (de 8N/cm à 40N/cm).
  • une activation manuelle du contacteur avec le pouce ou l’index.

La marque NSK propose un dispositif similaire : iSD900.

D’après nos premières constatations, ce type de dispositif a permis de résoudre et d’éviter un grand nombre de dévissages intempestifs. Mais est-ce pour autant la fin des dévissages ? Deux études confirment la validité de ces instruments mais invitent à la prudence concernant le contrôle de l’efficacité au fil du temps :

Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de la thèse du Dr E. Homme-Langlois sur les dispositifs de serrage en implantologie (en anglais).

  • Quel type de dispositif utilisez-vous pour torquer les vis implantaires ?
  • Faites-vous contrôler et calibrer ces instruments de manière régulière ?

Commentaires

martineau

j’utilise le contrôleur WH trés facile et pratique d’utilisation.
Quelle est la valeur significative du couple pour affirmer que l’ostéointégration est acquise?
C
Merciommencer par un couple bas et augmenter?

C’est une très bonne question… qui touche au concept fondamental de l’ostéointégration. La réponse est donc (très) loin d’être simple…
Il existe en effet de très nombreuses méthodes scientifiques pour définir, tester et confirmer l’ostéointégration des implants dentaires : histologie, radiographie percussion, transduction, vibrations et bien sûr résistance au torque.
Pour en savoir plus : http://www.sld.cu/galerias/pdf/sitios/protesis/methods_used_to_assess_implant_stability.pdf

Cela dit, la méthode la plus simple et la plus utilisée par la majorité des praticiens est d’appliquer un torque horaire et anti-horaire à l’implant, par l’intermédiaire du pilier de cicatrisation.
Mais l’ostéointégration est un processus qui dépend de nombreux paramètres biologiques (qualité & quantité osseuse, métabolisme…) et technologiques (état de surface, longueur des implants…). Se pose alors une autre question, qui doit être complémentaire à celle que vous posez : au bout de combien de temps peut-on affirmer que l’ostéointégration est acquise?
Si l’on utilise le couple de serrage/déserrage pour valider l’ostéointégration, il faut prendre soin de le faire ni trop tôt, ni trop fort. Les éléments bibliographiques à ma connaissance établissent une valeur seuil (discutée) de 20N/cm, ce qui correspond aux valeurs de torque pour l’assemblage des composants prothétiques.

J’espère que d’autres praticiens pourront apporter d’autres éléments de réponse à cette question importante.
Merci de l’avoir posé.

thierryk

Bonjour
Quels que soient les dispositifs utilisés, il existe une constante en mécanique vissée : la libération des contraintes internes, et tout instrument aussi perfectionné ou performant qu’il soit ne peut le gérer en une seule fois.
Ainsi il est recommandé de revisser les meubles en kit 15 jours après leur montage, pour les mêmes raisons je revisse toujours mes couronnes transvissées une semaine après le premier vissage au torque indiqué (25 à 35N selon la marque des composants) et lors de ce deuxième vissage, systématiquement on gagne 1/8 à 1/6 ème de tour pour de nouveau retrouver la bonne valeur de torque.
Ce protocole en deux temps permet de supprimer les dévissages ultérieurs, sans qu’il soit besoin à mon avis d’investir dans des dispositifs compliqués ou onéreux.
ThierryK

Merci ThierryK pour ce rappel. Il me semble important, à moi aussi, de procéder au vissage en deux temps afin de permettre la libération des contraintes.
Mais la question posée par ce post touche plus spécifiquement à l’obtention d’une valeur contrôlée du couple de serrage. Un protocole en deux temps est-il efficace si le calibrage de la clé de serrage est faussé? Les études mentionnées dans le post insistent sur la nécessité de vérifier la valeur du couple délivrée. Pensez-vous que cela soit superflu?

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