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Le consentement éclairé en prothèse implantaire #2

Dans la première partie de cet article, nous avons vu que les traitements implantaires pouvaient faire l’objet de complications voire d’échecs, à plus ou moins long terme.

En prothèse implantaire, comme pour tout traitement médico-chirugical, la loi impose au praticien de recueillir, au préalable, le consentement éclairé de son patient. Ce concept médico-légal s’impose à tous mais reste assez difficile à définir tant ses contours restent flous.

Ce constat impose donc au praticien de délivrer une information loyale et transparente sur les caractéristiques du traitement implanto-prothétique selon trois axes :

1. La description du traitement implantaire
2. La maintenance normale du traitement
3. Les complications et les échecs

 

L’information sur le traitement implantaire

Notre exercice nous amène souvent à constater qu’il existe un décalage saisissant entre la représentation que se fait, a priori, le patient d’une prothèse implantaire et la réalité clinique. Pour l’immense majorité des patients, il s’agit, peu ou prou, d’un bien de consommation, dont la fabrication et la pose sont standardisées comme n’importe quel autre objet manufacturé.

Pour combler ce décalage de représentation, l’information délivrée par le praticien à ce sujet doit être sans équivoque.

D’abord, il ne faut jamais laisser penser (ou pire : promettre) au patient que la prothèse implantaire est faite pour fonctionner « à vie ». Cette règle est d’ailleurs valable pour n’importe quel type de prothèse, implantaire ou non.

« Dans la bouche, rien d’éternel ; pas même ce qu’à fait la Nature. Et nos prothèses, aussi bien réalisées soient-elles, ne peuvent pas prétendre surpasser les dents naturelles. »

Ensuite, il faut affirmer clairement que la conception et la réalisation d’un traitement implantaire exigent de la rigueur intellectuelle, de la rigueur technique, des moyens humains et matériels.

Enfin – et il ne faut jamais l’oublier – l’information concernant un traitement demande d’exposer ses avantages, ses inconvénients, ses coûts et ses alternatives possibles.

 

L’information sur la maintenance normale

Même parfaitement réalisées et en l’absence de symptômes, les prothèses implantaires doivent faire l’objet d’un suivi régulier et d’une maintenance spécifique.

Le patient doit être parfaitement informé de cela et doit savoir :
– qu’il doit effectuer une visite de contrôle périodique ;
– ce que comportent ces soins de maintenance : élimination des biofilms péri-implantaires, contrôle de l’occlusion, resserrage des vis…

À lire également :
Maintenance et gestion des complications des prothèses sur barre transvissées #1

 

L’information sur les complications et les échecs

Pour évoquer les éventuelles complications implantaires, il est conseillé d’expliquer les différences de comportement entre les dents naturelles et les implants ostéo-intégrés. Car c’est cette différence de comportement mécanique qui est à l’origine de bien des complications prothétiques. Bien sûr, il faut relativiser la gravité des complications prothétiques pour ne pas que le patient, pris d’effroi, renonce au traitement implantaire.

L’analyse des facteurs de risque propres à chaque patient permet d’individualiser le consentement. Par exemple : les parafonctions occlusales constituent un facteur de risque majeur pour les reconstructions implantaire. Elles doivent donc faire l’objet d’un dépistage systématique et d’une information claire le cas échéant.

Enfin, et dans la mesure où la gestion des complications implantaires prend du temps et nécessite bien souvent de commander de nouvelles pièces prothétiques, il est habile de fournir au patient, avant qu’un événement indésirable ne survienne, une grille des tarifs de maintenance et de réparation des prothèses sur implants. Par exemple :

• Réparation directe d’une fracture de cosmétique ;
• Réparation indirecte d’une fracture de cosmétique ;
• Revissage ;
• Changement de vis implantaire ;
• Etc.

À lire également :
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Maintenance et gestion des complications des prothèses sur barre transvissées #2

 

Conclusion

Le recueil du consentement éclairé ne peut se réduire à un document générique pré-imprimé et délivré pour lecture au patient sans la moindre explication. Le consentement éclairé n’est pas un document à signer, c’est un processus de communication.

Le patient doit alors comprendre une chose simple qui résume à merveille l’essence du consentement éclairé en médecine (mais que le monde juridico-administratif à tendance à oublier) :

« Même si tout est fait dans les règles de l’Art, un problème peut, malgré tout, toujours survenir. »
  • Quelle information délivrez-vous au patient en matière de prothèse implantaire ?
  • Pensez-vous que l’information concernant les complications implantaires sont de nature à effrayer le patient et à le dissuader de faire le traitement ?

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