Navigate / search

Hierarchical decisions on teeth vs. implants

Hierarchical decisions on teeth vs. implants in the periodontitis-susceptible patient: the modern dilemma. Donos N, Laurell L, Mardas N. Periodontol 2000. 2012 Jun;59(1):89-110.

En 2012, on peut toujours se poser la question de la conservation de certaines dents atteintes d’une perte d’attache importante chez le patient susceptible à la maladie parodontale. C’est en effet toujours difficile de prendre une décision stratégique : faut-il extraire précocement ? Peut on garder des dents longtemps sans mettre en péril le futur site d’implantation ? Quels sont les facteurs de risque pour des implants posés chez des patients atteints de maladie parodontale ? Ont il les mêmes taux de succès et d’échecs ? En effet est apparu un dogme (un peu poussé par les sociétés implantaires) que les implants pouvaient résoudre tous les problèmes (et notamment parodontaux ?)
Cet article se propose de poser quelques questions et de faire le point en fonction de l’analyse de la littérature scientifique.

Le traitement parodontal est-il prévisible et peut-il conduire à la conservation des dents atteintes de maladie parodontale ?

Rappelons pour commencer la maladie parodontale agressive atteint environ 10% des patients. Le mauvais contrôle de plaque et le tabac sont des facteurs reconnus d’aggravation de la maladie parodontale mais également de péri-implantite.
Les études longitudinales montrent que sur une population générale la perte osseuse est de 0.10 mm par an. Par conséquent pour des patients ayant des contrôles réguliers et des soins de prévention, on peut estimer en moyenne 50% de support osseux à 70 ans. Pour tous les autres patients, dont l’atteinte parodontale peut conduire à la perte précoce des dents, les études de cohortes sur des longues périodes montrent que le traitement d’une maladie parodontale (incluant l’extraction des dents condamnées) peut stopper la maladie parodontale agressive et réduire le risque de perdre des dents si le patient est inclus dans des protocoles de maintenance rigoureux après une thérapeutique initiale.

AuteursType d'étudeNombre de patientsMoyenne de durée de l’étude (année)Nombre moyen de dents perdues
Tonetti et coll. 2000Rétrospective2735.52.4
Rosling et coll. 2001Prospective109122.9
König et coll. 2002Rétrospective142101.9
Fardal et coll. 2004Rétrospective1009.81.7
Carnevale et coll. 2007Rétrospective3047.81.3
Jansson et Lagervall 2008Rétrospective6016.2NC

Une étude de Cortellini et Tonetti de 2011 à 5 ans montre qu’il est possible de conserver des dents atteintes d’une perte d’attache sévère.
50 patients sont inclus dans l’étude. Ils sont tous atteints d’une maladie parodontale sévère avec au moins une dent avec un très mauvais pronostic (à extraire). Dans le groupe test, la dent n’est pas extraite (25 patients) et une régénération parodontale est entreprise versus le groupe contrôle (25 patients) dans lequel les patients sont traités par de la prothèse conventionnelle ou implantaire. Dans le groupe contrôle 14 dents ont été remplacées par un implant, 8 par un bridge et 1 patient n’a pas bénéficié de remplacement. Dans le groupe contrôle, 83% des restaurations n’ont pas de complications à 5 ans . Dans le groupe test, 92% des dents sont maintenues à 5 ans.
Il faut noter que tous les patients (groupe test et contrôle) ont reçu un traitement initial de maladie parodontale. A noter que l’un des critères d’inclusion dans l’étude est un indice de plaque inférieur à 25%.

Pensez vous que le traitement parodontal puisse être proposé de manière fiable à vos patients?

Comments

massmolaire

Que faut-il comprendre de cette revue de littérature? Que les personnes qui prennent soin de leurs bouches et qui ne fument pas gardent plus longtemps leurs dents? Dans ce cas, je suis d’accord avec vous.
Personnellement, je reste assez dubitatif concernant la transposition des résultats de cohortes aux besoins d’un patient individuel car d’autres paramètres cliniques (fonctionnels entre autres) entrent en ligne de compte.
Quelles sont les conséquences cliniques de votre analyse dans un pays qui n’inscrit pas les soins parodontaux à la nomenclature, qui ne reconnait toujours pas la profession d’hygiéniste dentaire et dont l’Etat a un intérêt fiscal à ce que les gens continuent de fumer?

Laurent THERY

bonjour massmolaire,
Il est en effet dommage qu’aujourd’hui les soins de parodontologie ne rentrent toujours pas dans la nomenclature de la sécurité sociale. Le but de cet article avait pour but de rappeler que les soins implantaires sont particulièrement efficaces pour les patients qui ne sont pas atteints de maladie parodontale; La plupart du temps les études cliniques présentent des patients bien suivis sur le plan parodontal, et traités par des hygiènistes. Elles offrent donc les meilleurs taux de succès. Dans une pratique quotidienne, il est parfois plus difficile de superposer ces conditions cliniques. Peut-être que chez certains patients, pour des édentations particulières, la solution implantaire n’est pas toujours la meilleure solution. Dans certains cas, la solution de bridge peut offrir une alternative intéressante. En conclusion, si la solution implantaire est très souvent séduisante, il ne faut peut-être pas tomber dans le piège tout implantaire.
Merci de votre remarque. cordialement.

Leave a comment