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Encode® : le transfert d’empreinte pas comme les autres

Nous avons vu précédemment les différents types de transfert d’empreinte qu’il était possible d’utiliser pour une empreinte implantaire. Ces techniques « classiques » obligent le praticien à retirer la bague trans-gingivale de cicatrisation (aussi appelée pilier de cicatrisation) et à connecter un transfert à l’implant.

La société Zimmer-Biomet a développé une alternative unique et ingénieuse à cette tradition des transferts d’empreinte : le système Bellatek® Encode®.

Le piler Encode est à la fois un pilier de cicatrisation et un transfert d’empreinte. La particularité de ce pilier est que sa surface occlusale présente des cannelures et des repères marqués au laser. Ces repères, permettent à eux seuls la fabrication d’un pilier personnalisé par CFAO. Ils renseignent en effet :

  • L’enfouissement chirurgical de l’implant
  • Le diamètre de l’implant
  • La position de l’hexagone
  • Le type de connexion

En clinique, le chirurgien visse le pilier Encode lors de la mise en place de l’implant ou lors du temps II chirurgical. Le praticien en charge de la restauration prothétique n’a pas besoin de retirer le pilier Encode®. Il réalise tout simplement, au moyen d’un porte-empreinte conventionnel, une empreinte en double mélange de l’arcade qui va enregistrer le marquage laser du pilier.

L’empreinte est moulée au cabinet ou au laboratoire, puis scannée. Le fichier numérique du modèle est envoyé par Internet au centre d’usinage Zimmer-Biomet à Barcelone, accompagné d’un bon de commande précisant les caractéristiques souhaitées pour le pilier prothétique. Après validation par le praticien et/ou le prothésiste, un pilier anatomique en titane va être usiné dans un bloc de titane puis retourné par transporteur au laboratoire pour l’élaboration de la dent prothétique.

Voici un cas clinique de remplacement d’une 36 par une couronne implanto-portée (associée à la restauration de la 37 par un onlay en céramique collé) permettant d’illustrer ces étapes :

Fig. 1 : situation clinique après mise en place de l’implant et du pilier Encode® en un seul temps chirurgical. Notez les marques sur la face occlusale du pilier.
Fig. 1 : situation clinique après mise en place de l’implant et du pilier Encode® en un seul temps chirurgical. Notez les marques sur la face occlusale du pilier.

Pour fournir toutes les informations, le pilier Encode doit être correctement vissé à la connexion interne de l’implant et doit dépasser au minimum de 1 à 1,5mm au dessus de la muqueuse.

Avant de réaliser l’empreinte, il est recommandé de bien nettoyer la surface occlusale du pilier qui peut être polluée de débris alimentaires ou bactériens, ce qui pourrait gêner sa lecture optique.

Fig. 2 : Après s’être assuré du vissage correct du pilier, une empreinte en double mélange est réalisée.
Fig. 2 : Après s’être assuré du vissage correct du pilier, une empreinte en double mélange est réalisée.

Le modèle est coulé au laboratoire et éventuellement monté en articulateur avant d’être envoyé, par transporteur, en Espagne.

Fig. 3 : Le modèle est envoyé par transporteur accompagné du bon de commande dûment rempli
Fig. 3 : Le modèle est envoyé par transporteur accompagné du bon de commande dûment rempli

Le pilier anatomique est usiné dans un bloc de titane et le modèle en plâtre est modifié par un robot qui, guidé par le marquage du pilier Encode®, va creuser le plâtre pour mettre en place un analogue d’implant. Cela permettra au prothésiste de positionner le pilier prothétique sur le modèle de travail et réaliser la coiffe implanto-portée.

Avantages :

  • Simplicité et rapidité de l’empreinte implantaire qui peut parfaitement être réalisée au moyen d’un scanner optique si le praticien en dispose.
  • Respect de la muqueuse péri-implantaire par réduction du nombre de manipulation des pièces à connecter/déconnecter de l’implant.
  • Grande précision du process d’usinage et d’adaptation des pièces.

Limites :

  • Ne permet que de réaliser des éléments prothétiques scellés.
  • Pas de possibilité d’usinage de la zircone.
  • La prothèse plurale est possible mais sur un maximum de 3 implants.
  • Avez-vous déjà entendu parler / utilisé ce système d’empreinte ?
  • Quel est votre avis ?

Commentaires

Thomas SASTRE

Bonsoir
Comment passez vous d une émergence cylindrique donnée par l encode à un pilier anatomique dont on voit sur le modèle en plâtre et en clinique que cette émergence a été modifiée ?

Bonsoir Thomas,
et merci pour cette question. En effet, le profil d’émergence revêt une importance capitale en prothèse implantaire. Nous l’avons vu dans cette même rubrique, dans une vidéo illustrant la réalisation du modèle de travail implantaire : https://www.idweblogs.com/e-implanto-proth/2015/04/12/realisation-du-modele-de-travail-implantaire/
Avec le système Encode®, le praticien (ou le laboratoire) remplit un bon de commande (http://biomet3i.fr/pdf/Encode%20Impression%20System%20Work%20Order%20Form_ART881_FR.pdf) sur lequel il spécifie le profil d’émergence souhaité.
Au stade de la CAO, le prothésiste (ou le praticien) vérifie les caractéristiques du profil d’émergence avant la phase de FAO.
Comme il n’y a pas de fausse-gencive, c’est le plâtre qui est creusé par des machines-outils afin de permettre le montage de la céramique cervicale en accord avec le profil retenu. Le flux numérique permet une grande précision à ce niveau.
J’espère avoir répondu à votre question.

Thomas SASTRE

bonsoir,
Ok pour le process industriel mais ma question était clinique .
Comment se passe le passage d’une émergence de 4mm environ correspondant à votre pilier encode à celle de 10 mm couramment rencontrée au niveau molaire ?

comment anticipez vous l’enfouissement du pilier afin que la limite céramique n’apparaisse pas en supragingival?

Très sincèrement , je comprend l’intérêt biologique d’éviter les dévissages à répétition mais ne faut-il mieux pas :
– « préparer » l’emergence par le recours à des piliers de cicatrisations personnalisés voire meme des provisoires
– réaliser une empreinte avec de véritables scan bodies de cabinet pour l’empreinte optique ou pour le labos pour une meilleur précision
– produire enfin une emax collé sur embase titane dans mon laboratoire habituel plutôt que faire intervenir un centre d’usinage en espagne !

Une fois de plus , je comprends l’idée mais………..

En tout cas ,bravo pour vos contributions à l’idblog car cela demande du travail

Cher THOMAS,
La gestion du profil d’émergence, au lieu de se faire de manière « conventionnelle » en aménageant la fausse-gencives un modèle, se fait ici par CFAO. Les différentes options de conception du pilier permettent au praticien et au prothésiste de visualiser la modélisation informatique et de choisir le meilleur profil en fonction de la situation clinique. La situation de la limite cervicale du pilier est choisie de la même manière.
Mais comme pour une conception du pilier « conventionnelle », il faut passer d’une plateforme implantaire réduite à une couronne beaucoup plus large. On peut effectivement choisir d’utiliser des prothèses transitoires mais on augmente le coût et la durée du traitement, ce qui, vous le savez comme moi est un frein. L’intérêt principal de l’Encode® est le gain de temps clinique considérable qu’il permet lors de la prise d’empreinte… Et cela malgré que le travail soit partiellement réalisées Espagne.
Le système Encode® reste une option parmi d’autres… Certains systèmes implantaire ont choisi de miser sur les scans-bodies dont vous parlez et que vous utilisez peut-être…
Le dernier point que vous évoquez est pertinent pour qui veut travailler en « vissé ». C’est effectivement l’écueuil principal de l’Encode® : on ne peut faire que de la prothèse scellée.

Merci de l’intérêt que vous portez aux IDweblogs et à cette rubrique en particulier. Permettez-moi en retour de vous remercier pour les arguments que vous amenez et la qualité de la discussion.

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