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Empreinte implantaire : quel porte-empreinte ?

On a l’habitude de dire qu’une bonne empreinte commence par un bon porte-empreinte. L’empreinte implantaire ne déroge pas à cette règle puisqu’elle constitue une étape clé du traitement implanto-prothétique.

Le praticien dispose de plusieurs options et nous allons tenter de les explorer et de les comparer.

P.E à ciel fermé

Dans les situations les plus simples, il est presque toujours possible de gérer l’empreinte implantaire de manière similaire à une empreinte conventionnelle, au moyen d’un PE fermé. Mais cela demande d’utiliser soit des transferts « snap-ons », soit des transferts « twist-lock », dont la précision a déjà été discutée dans un précédent post.

Avantages :

  • Gain de temps au fauteuil : le P.E est immédiatement disponible au moment du contrôle d’ostéo-intégration de l’implant.
  • Simplicité

Inconvénients :

  • Moindre précision de l’indexation des implants lorsque les transferts (ou les analogues) sont repositionnés dans l’empreinte.

Indications :

P.E individuel à ciel ouvert

Pour la technique d’empreinte implantaire dite « pick-up » (ou à ciel ouvert), le transfert d’empreinte et sa vis, traversent le P.E et sont emportés dans l’empreinte.

La fabrication d’un P.E individuel, en résine perforée, ouvert au dessus de(s) implant(s), est la solution de choix.

Avantages :

  • excellente adaptation en bouche : peu ou pas de retouche à faire, meilleur confort pour le patient.
  • quantité de matériau d’empreinte limitée à son maximum ce qui, comme en prothèse fixée conventionnelle, réduit le risque de déformation du matériau pendant sa prise.

Inconvénients :

  • besoin de réaliser une empreinte préliminaire en vue de la réalisation du P.E.I.
  • coût de fabrication.

Indications :

  • particularités anatomiques (forme d’arcade, malpositions dentaires)
  • reflexe nauséeux
  • grand nombre d’implants

P.E à ciel ouvert du commerce

Ce type de porte-empreinte a fait son apparition dans l’idée de réduire les coûts de production des prothèses implantaires en permettant de réaliser des empreintes pick-ups au moyen de P.E ré-utilisables.

Les premiers P.E de ce type ont été conçus et commercialisé par la société Dexter. Métalliques et très rigides, il sont équipés de volets amovibles en fonction de la localisation du/des implant(s) et existent en 4 tailles différentes, aussi bien à la mandibule qu’au maxillaire.

On trouve désormais des P.E en plastique, disponibles en plusieurs tailles, recouverts d’un mince film de plastique transparent permettant aux vis de transfert de percer.

Avantages :

  • Gain de temps au fauteuil : le P.E est immédiatement disponible au moment du contrôle d’ostéo-intégration de l’implant.
  • Coût réduit : compter une cinquantaine d’euros les 6.
  • Réutilisation : les P.E métalliques sont conçus pour être réutilisés sans se déformer. Les P.E plastiques en revanche subissent de fortes détériorations et déformations dès le premier usage.

Inconvénients :

  • adaptation parfois médiocre en bouche
  • plus grande quantité de matériau à empreinte utilisé à chaque empreinte
  • déformations du P.E

Indications :

  • si et seulement si bonne adaptation en bouche
  • faible nombre d’implants
  • fortes contraintes économiques

 

Les avantages et les inconvénients des différents types de P.E font apparaître un dilemme récurrent en prothèse : celui qui oppose la réduction des coûts à la qualité de la réalisation. La résolution de cette équation n’est pas chose aisée et dépend, dans une large mesure, de la prise en compte de facteurs individuels.

  • Quel type de porte-empreinte préférez-vous ?
  • Quels sont vos critères de choix ?

Commentaires

Jean-Michel MOAL

Je trouve dommage qu’il soit question de coûts pour ce que représente le coût d’une empreinte dans un traitement de plusieurs centaines Euros voire plus. Je trouve aussi dommage d’utiliser des matériaux coûteux pour un patient, édenté complet, alors que le plâtre ne coûte rien et qu’il est de loin le plus fiable. Mais bientôt plus de soucis, l’empreinte Optique arrive qui va résoudre beaucoup de problèmes.

jerome

Dommage aussi de centrer ce sujet général sur 3i.

Sinon l’empreinte optique est déjà là, mais elle ne résoud pas tous les problèmes, notamment dans les grands endentements.

Guillaume GARDON-MOLLARD

Chers amis,
Merci de vos commentaires, qui expriment quelques regrets que je vais tenter de consoler.
– le calcul du prix de revient ne peut être occulté. C’est justement ce qui pousse de nombreux praticiens à avoir recours aux solutions les plus économiques possibles et pour le sujet qui nous intéresse, à des porte-empreinte du commerce. D’ailleurs, cher Jean-Michel, en tant que maître-prothésiste, pourriez-vous nous indiquer grosso modo le pourcentage d’empreintes implantaires que vous traitez et qui ont été réalisées avec un PEI?
– le cout du matériau a également son importance. Vous avez raison de souligner que les matériaux silicones sont couteux. En revanche, le plâtre est une véritable galère à mettre en œuvre dans la bouche des patients. Il y a tellement peu d’articles scientifiques sur ce matériau en prothèse implantaire, que je suis tenté de penser qu’il n’y a plus que les français pour l’utiliser et vous en conviendrez peut être : c’est très rare; même en prothèse complète.
– Pour répondre à Jérôme : je n’avais pas l’intention (ni même l’impression), de faire la part belle à un système implantaire en particulier. Biomet 3i s’avère être le système que j’utilise le plus fréquemment et donc celui pour lequel je dispose du plus d’iconographie. Les descriptions qui sont faites dans ce post sont évidemment identiquement valables pour les autres systèmes les plus représentés sur le marché.

Jean-Michel MOAL

Bonsoir Dr Gardon-Mollard, il est vrai que le PEI devient rare, je pense que c’est plus une question de rapidité qu’autre chose. Pour ce qui est de l’empreinte au plâtre, je ne suis pas du tout de votre avis. En effet depuis des années la précision de ce matériau a fait ces preuves. Les praticiens qui trouvent cela « galère » comme vous le dites, sont des gens qui manquent d’expérience, mais lorsque l’on demande leur avis à des gens comme Bernard Cannas, Patrice Margossian, Renaud Noiret, Nicolas Boutin, Jean Baptiste Verdino,ect, qui sont des personnes d’expérience et très sérieuses, il n’y a pas photo, rien n’est plus fiable que le plâtre pour prendre des empreintes prothèses implantaires d’édentement complet. Mais bientôt l’empreinte optique mettra tout le monde d’accord, nous verrons cela à l’ADF peut-être ?

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