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Le consentement éclairé en prothèse implantaire #1

Les traitements implanto-prothétiques sont de plus en plus souvent l’objet de litiges entre les praticiens qui les réalisent et les patients qui font un effort financier substantiel pour y accéder. Les praticiens, convaincus de la grande fiabilité des traitements implantaires, informent généralement leurs patients du déroulement des étapes du traitement, des coûts de réalisation etc. mais n’insistent pas toujours suffisament sur les risques d’échecs ou de complications.

Or, les complications en prothèse implantaire ne sont pas rares. Comme en témoigne cette étude :

Complication and failure rates with implant-supported fixed dental prosthesis and single crowns : A 10-year retrospective study. Wittneben JG, Buser D, Salvi GE, Bürgin W, Hicklin S, Brägger U. Clin Implant Dent Relat Res. 2014; 16(3):356-64.

Les résultats de cette étude montrent que les complications les plus fréquentes en prothèse implantaire sont les fractures de céramique cosmétique (20,31%), suivies des dévissages (2,57%) puis des descellements (2,06%).

Ces complications restent relativement peu fréquentes, sans gravité et ne peuvent pas, à elles seules, compromettre la remarquable fiabilité des traitements implanto-prothétiques en général. Mais dans la mesure où de plus en plus de patients souhaitent bénéficier de ces traitements, et qu’un nombre croissant de praticiens sont en mesure de les délivrer, il faudra s’attendre (à taux de complication constant) à un accroissement du nombre de patients pouvant, un jour ou l’autre, subir une complication prothétique.

D’autres complications, plus délicates à gérer, peuvent survenir. Comme en témoigne l’exemple d’un patient de 67 ans, édenté complet bi-maxillaire, à qui nous avons proposé le traitement suivant :

  1. Prothèse amovible complète maxillaire
  2. Bridge implanto-porté sur 5 implants symphysaires (prothèse de type « piloti »)

Le patient, informé des modalités, tant chirurgicales et prothétiques, et des coûts de réalisation, accepte le traitement.

Sa réalisation ne pose pas de problème particulier et le patient manifeste rapidement sa satisfaction et son confort fonctionnel.

Mais après 8 mois d’usage, il rapporte une légère mobilité de sa prothèse mandibulaire. La dépose de la prothèse implantaire montre la fracture de plusieurs vis prothétiques. Celles-ci sont remplacées des vis neuves et la prothèse est remise en place et l’occlusion équilibrée.

Après quelques semaines, le même problème réapparaît. Le même traitement d’urgence est réalisé et le désarroi du praticien doit désormais affronter les doutes et les questionnements du patient.

Après le troisième épisode de ce type, il a été décidé, en accord avec le patient et sans le moindre frais supplémentaire, de modifier radicalement la conception prothétique comme illustré ci-dessous :

Les complications implantaires, simples ou complexes, peuvent survenir à court, moyen ou long terme. Le patient reviendra alors tout naturellement vers le praticien qui a réalisé le travail. Ce dernier devra comprendre les raisons de l’échec ou de la complication et les exposer au patient qui ne manquera pas de lui demander des explications. Mais le praticien se verra probablement objecter qu’il n’avait pas, à l’époque où le traitement prothétique a été initié, prévenu son patient des potentielles complications prothétiques.

« Avant le traitement les explications sont des explications ; après le traitement, les explications sont des excuses. »

  • Quelles explications donnez-vous au patient lorsqu’une complication implantaire survient?
  • Pensez-vous que les complications potentielles soient susceptibles d’effrayer les patients candidats aux traitements implantaires?

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