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Les complications implantaires #1

  1. Les complications implantaires #1
  2. Les complications implantaires #2

Nous présentions lors du dernier post un patient qui avait cassé un pilier implantaire en zircone sur une incisive centrale. Le démontage du pilier, son retrait de l’implant puis la repose d’une nouvelle coiffe implantaire ont été réalisés.

Pour ce nouveau patient, âgé de 77 ans, nous prévoyons de placer un implant sur la 17 dans un premier temps, la dent étant très délabrée (photo 1, 2). Il ne présente pas d’antécédents particuliers. Il est porteur de nombreuses restaurations métalliques dans les secteurs postérieurs. Il présente un mauvais contrôle de plaque et donc sa maladie parodontale sera traitée de manière préalable au traitement implantaire.

Les dents mandibulaires à gauche montrent des signes de fragilité (risque de fracture de la racine d’un pilier de bridge en raison de la reprise de carie dentaire). A ce stade, nous informons le patient de la nécessité d’extraire les dents condamnées puis de réaliser une prothèse soit fixe implanto-portée soit une prothèse partielle amovible.

Le patient souhaite démarrer le traitement par la partie droite.

La 17 est donc extraite puis remplacée par une coiffe implanto-portée en céramique (photo 3,4).

Les dents mandibulaires sont ensuite extraites en vue de leur remplacement. Le temps de la cicatrisation osseuse, le patient présente donc une édentation unilatérale postérieure. Il repasse en urgence pour le descellement de la 16 en urgence. Si bien que les contacts occlusaux ne sont répartis uniquement que sur la coiffe implanto-portée maxillaire droite pendant quelques jours.

Lors d’une autre consultation, il revient avec la coiffe implantaire mobile. Plusieurs options sont alors possibles :

  • Descellement de la coiffe implantaire
  • Dévissage du pilier implantaire
  • Fracture du pilier implantaire
  • Fracture de l’implant.

Après analyse de la situation, il présente une fracture du col du pilier implantaire dans l’implant. La connexion implantaire est conique et le pilier est maté dans le col de l’implant.

Que faites-vous ? Vous tentez de démonter le pilier fracturé. Si oui avec quels intruments ??? Vous déposez l’implant ?
Nous rappelons que le patient a 77 ans et qu’il s’agit d’une 17 donc avec une ouverture buccale limitée…

Comments

henri

Bonjour,
La societe Dentsply propose un kit pour retirer le cône cassé dans l’implant ankylos. Cependant si l’ouverture buccale est limitée, ça va pas être facile.
Dans ton exercice as tu eu beaucoup de fracture de ce type avec çet implant?. Peut t’on continuer à faire confiançe à cette connexion?. Faut il limiter son utilisation à certaines indications ?. Cette complication remet t’elle en cause ton choix implantaire ?.
Merci de ton retour

Laurent THERY

Bonjour, c’est tout l’intérêt de ce post de montrer les complications possibles en implantologie. Personnellement, j’ai une grande satisfaction à utiliser ce genre d’implants et cette connexion conique qui montre une résistance malgré tout très importante. Les complications implantaires de type fracture sont relativement rares mais parfois difficile à gérer. Les connexions coniques montrent la plus grande résistance mécanique lors de la mastication par rapport aux connexions classiques plates. Je ne restreins absolument pas ce type d’implants à une situation clinique mais au contraire j’en garde une extrême confiance même dans les cas de contraintes occlusales fortes. Je voudrais vous mettre deux liens vers les travaux de Zipprich qui évaluent la solidité des connexions implantaires.
Je voulais si les découvrir et on n’en rediscute.
http://www.youtube.com/watch?v=AhsjiYjmTLE
http://www.youtube.com/watch?v=-z5jXFAtfZc.

henri

Merci pour ta réponse. Très intéressant de communiquer sur les échecs.
À bientôt j’espère pour connaître l’épilogue.

sirhcchris

Bonjour
La coiffe est scellée Je pense que les prothèses trans vissées permettent de mieux gérer ce type de problème.
Par ailleurs, n’aurait il pas mieux valu passer par une prothèse transitoire le temps que le secteur gauche soit réhabilité?
Maintenant, il n’y a plus le choix: il faut détruire la coiffe, pour vérifier si c’est un dévissage ou si c’est plus grave. Il n’y a pas de radio le jour de l’incident? Mais il est probable qu’il s’agit d’un dévissage. Autre possibilité en fonction du matériau, perforer la coiffe pour accéder à la vis. Mais si c’est de la zircone, c’est mort!

toto

Bonjour,
Merci de ce post.
Quand vous dites que le col est « maté » :
– est-ce que la coiffe est mobile dans la main du patient, ou dans celle du praticien rapidement et qu’il peut voir une déformation du pilier (sans doute par surcharge mécanique en lien avec l’extrusion de la molaire inférieure dès la situation initiale?
– ou est-ce qu’il y a à la radio lors du retour du patient une déformation dudit pilier avant d’intervenir sur la coiffe?
J’aurais tendance à vouloir desceller la coiffe à l’arrache-couronne (2 essais au plus) avant de la percer pour accéder à la vis de pilier ; dans le cas le moins défavorable, le Cerec permet de refaire un coiffe sans délai.
Permettez mois de poser quelques questions annexes sur ce cas :
– quelle est l’origine des radio-opacités dans les régions auriculaires? des boucles d’oreille?
– n’êtes vous pas gêné par la persistance d’un débord de pâte endodontique à l’apex de cette 17? S’il s’agit de pâte ancienne, la présence de corticoïde peut altérer la cicatrisation du site donc l’ostéo-intégration.
– la dernière photo montre une métallose chez ce patient qui a des amalgames en 15, 47 et sans doute aussi en reconstitution coronaire sous des couronnes en acier ; le titane de l’implant, et bientôt des implants, va rajouter un nouveau métal, source lui aussi de poly-métallisme. Quelle en est votre analyse?

Laurent THERY

Bonjour et merci pour tous ces commentaires.
Concernant ce patient, il est revenu avec la coiffe dans la main. Je pensais donc au départ simplement à un dévissage de pilier. Cela est rare mais il m’est déjà arrivé sur une connexion externe d’avoir le pilier dévissé et la couronne toujours scellé sur celui-ci. Cependant, dans le cas présenté, la couronne était dans la main du patient donc il me paraissait impossible que le pilier soit complètement dévissé. La deuxième option que j’ai tout de suite envisagée était la désolidarisation du pas de vis du pilier. Ceci m’était déjà arrivé, ce n’est pas grave. Il suffit avec un tournevis de récupérer le pas de vis de la vis du pilier dans l’implant, de remettre une coiffe de cicatrisation et de refaire une prothèse ou plus simple encore refaire une soudure laser sur la tige du pilier et le pas de vis. Seulement dans ce cas l’examen du pilier en dehors de la bouche montrait clairement une fracture de celui-ci donc la partie facturée du pilier était restée dans l’implant.
Pour les questions annexes, le patient ne porte pas de boucles d’oreilles mais des appareils auditifs. J’avais oublié de lui retirer avant la radio.
Pour les excès de ciment de scellement, je les avais vus initialement et c’est la raison pour laquelle j’ai légèrement décalé l’implant en distal. C’est peut-être une des raisons qui a augmenté le porte-à-faux et causé la fracture du pilier.
De fait, pour ce patient il existe de nombreux métaux en bouche responsables d’une éventuelle corrosion . Mais le titane, étant un matériau inerte je n’ai pas de crainte à l’utiliser dans cette situation.

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