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Comparaison des contraintes mécaniques sur des couronnes implantaires scellées jumelées ou unitaires : étude par éléments finis.

Matériels et méthodes

Le but de cette étude est de comparer les contraintes sur les implants lorsqu’ils portent des coiffes unitaires ou jumelées. En effet, il existe une controverse quant à la nécessité de jumeler ou non les coiffes implantaires lorsqu’elles sont contiguës. Misch 2005 recommande de les jumeler mais d’autres études montrent des taux de succès comparables lorsque les coiffes implantaires sont unitaires (Vigolo et al. 2010 ou Bender 1995).
Dans cette étude un modèle en résine est confectionné avec un module d’élasticité identique à celui de l’os humain. 2 situations sont donc testées : dans l’une les deux coiffes implantaires sont jumelées, dans l’autre les deux coiffes implantaires sont unitaires. Le point de contact est de 8 µm.
Les forces de 400 N sont verticales et obliques (angulation à 20°).

Résultats

Cette étude ne montre aucune différence entre les deux groupes. Les contraintes mesurées entre deux implants unitaires ou jumelées sont similaires. Dans les deux cas, c’est l’implant antérieur qui montre cervicalement le maximum de contraintes.

Conclusion

L’étude montre que la solidarisation des implants ne diminuent pas les contraintes dans l’os à la condition que le point de contact soit présent entre deux implants. Les résultats de cette étude s’adressent aux restaurations scellées et non transvissées.

Commentaires

Cette étude est intéressante car elle montre que mécaniquement la solidarisation des coiffes implantaires ne permet pas de réduire les contraintes autour des implants lorsque le point de contact est présent. La solidarisation même si elle offre une facilité clinique (gain de temps, moins de point de contact à gérer) ne renforce pas mécaniquement la construction prothétique.

Dans votre pratique clinique solidarisez-vous systématiquement les coiffes implantaires contiguës ou bien réalisez-vous des coiffes unitaires ?

Comments

eric

Couronnes unitaires presque systématiquement sauf recommandations du poseur.

naval

Laurent Thery Bonjour. Je n’ai aucune expérience en implantologie. Et pourtant j’ai été le premier étudiant à présenter une thèse sur l’implantologie Branemark. A l’époque il n’était pas conseillé de solidariser une coiffe implantoportée avec une coiffe dentoportée. Les avis ont changé par la suite. Maintenant on se pose la question entre 2 coiffes implantoportées. Que dire avec les implants immédiats? De mon côté j’ai des coiffes radiculoportées solidarisées entre elles. Qu’en est il de notre pratique réèlle si l’on pouvait regrouper l’expérience dans le temps de chacun?

frousselle

Bonjour Laurent,
Merci Laurent de poser cette question; En prothèse implantaire scellée, je suis en accord avec cet article, je préfère dans la mesure du possible les couronnes unitaires. Je ne vois pas de différence au long terme au niveau des implants entre les deux techniques. Avec les couronnes unitaires, il y a la contrainte du réglage des points de contact mais avec les couronnes jumelées, il est souhaitable de réaliser une clé en plâtre. En cas de fracture d’une céramique, il est plus facile de réintervenir avec les unitaires.

Laurent THERY

bonjour, merci pour ces commentaires.
Cette étude par éléments finis (donc avec les réserves nécessaires) montre clairement qu’il n’existe pas de renforcement mécanique en reliant deux implants unitaires en prothèse scellée. En revanche, pour la prophylaxie c’est plus simple d’avoir deux coiffes unitaires. Pour l’ajustage prothétique, c’est également plus précis. En revanche, cela demande plus de temps pour régler les points de contact.
Le jumelage systématique de coiffes implantaires ne semble donc pas toujours indiqué sur le plan mécanique. Pensez vous qu’en prothèse transvissée cela soit différent ? Cordialement

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