Navigate / search

La céramique pressée maquillée sur pilier titane : un modèle de simplicité à coût modéré.

Aujourd’hui il existe nombreuses solutions techniques pour réaliser des restaurations implantaires unitaires.

Auparavant des piliers en titane standards usinés étaient utilisés. Ces piliers avaient globalement toujours les mêmes dimensions quel que soit la situation clinique. Pour combler ce manque d’adaptabilité face à une situation clinique, des techniques de surcoulée ont été développées. Elles sont cependant plus complexes. Sont apparus de manière plus récente des piliers anatomiques qui ont l’avantage de permettre une émergence prothétique optimale dans le but de soutenir les tissus péri-implantaires. Ce pilier anatomique a malheureusement un coût supplémentaire par rapport au pilier classique standard usiné. Sont apparus également récemment des restaurations monobloc directement vissées sur la tête de l’implant.

Cas clinique

Nous présentons donc un cas clinique qui correspond à l’utilisation d’une combinaison entre un pilier standard sur lequel une céramique pressée maquillée est collée. On parle d’une restauration en céramique pressée maquillée transvissée sur tête d’implant. Cette technique présente l’avantage d’une mise en œuvre relativement facile cliniquement et moins onéreuse que lors de l’utilisation d’un pilier anatomique.
Un patient de 45 ans se présente donc au cabinet dentaire en vue du remplacement de la dent numéro 35 (photo 1). L’espace inter dentaire étant trop étroit une thérapeutique orthodontique est proposée au patient. À la fin de sa thérapeutique orthodontique, l’espace est tout à fait correct pour pouvoir poser un implant (photo 2). Un implant de petit diamètre est utilisé (photo 3). Il est posé en 1 temps chirurgical grâce à la bonne stabilité primaire obtenue lors de la chirurgie implantaire (photo 4). Au bout de trois mois, l’ostéointégration étant obtenue (photo 5), une empreinte est prise et un pilier standard (titanium base) est utilisé. C’est sur ce pilier que le prothésiste va monter sa céramique pressée monobloc. (Ce pilier présente la particularité d’avoir un analogue qui peut être scanné). Cette céramique pressée est ensuite collée directement au laboratoire sur ce pilier.
Lors du second rendez-vous, la céramique est donc essayée sans clé de positionnement. C’est le positionnement des points de contact qui permet de mettre en place cette céramique monobloc directement sur l’implant (photo 6). L’avantage de la solution proposée est d’éviter une séance d’essayage. Par ailleurs, le pilier n’est pas retouché. La solution esthétique semble satisfaisante sur le plan clinique (photo 7).
Si on raisonne en coût (en 2014), le coût du pilier titanium base est de 90 euros environ. La céramique pressée coûte 118 euros. Il ne reste plus rajouter le prix du collage au laboratoire.

  • Cette option prothétique vous semble-t-elle intéressante tant sur le plan clinique que sur le plan financier ?
  • Pensez vous pouvoir l’utiliser dans des situations cliniques simples ?

Comments

toutou

Bonjour M THERY
L’option que vous nous offrez est en effet une excellente option , simple ,hyper esthétique et en effet imbattable sur le plan financier , quoique les tarifs de mon prothésiste soient plus eleves.
Apres 20 ans de UCLA ,1an de CFAO, je pense a utiliser de plus en plus cette option.
QUESTIONS
Quelle colle utilisez vous ?
Sur des coniques en cône morse ,réalisez vous des restaurations plurales?
Peux t ‘on utiliser des piliers provisoires longs a fin de majorer le collage ayant une expérience avec des bagues de collages courtes en basale pour les MCI pour réaliser des prothèse d’usage a court terme, mais la colle n’est pas fiable sur le long terme(kulzer je pense )
MERCI et bonne journée

caith

Bonjour, si je lis bien la séance d ‘essayage est toujours nécessaire et si l ’empreinte n ‘est pas fidèle les points de contacts vont induire une mise en place de travers de la couronne sur le pilier.De mon point de vue l ‘absence d ‘essayage c’est 2 séances: empreinte et pose.

galfie

J’utilise depuis plus d’un an ou 2 ce type de restauration trans-vissée : Un pilier titane « Ti-base » sur lequel est collée une couronne céramique sur base zircone (plutôt qu’une céramique pressé mais peu importe). J’étais séduit par l’interface muqueuse-titane et muqueuse-zircone au niveau de la zone d’attache épithéliale, qui, on le sait, est mieux tolérée biologiquement que l’or des « Gold-adapt » ou « UCLA » et autres piliers obtenus avec des surcoulées. Toutefois, aujourd’hui je me pose des questions sur la présence du joint collé qui existe avec ces systèmes mixtes titane/céramique, car lorsque l’implant est très enfoui, cette limite se situe très cervicalement et donc génère des rétentions microbiennes (anaérobies) dont on ne sait pas encore grand chose aujourd’hui… source de péri-implantites dans les années à venir?

Laurent THERY

Bonsoir merci pour tous ces commentaires. Pour répondre à toutou, le collage est réalisé au laboratoire après un mordançage de l’intrados de la céramique pressé (e max). L’avantage de cette solution, par rapport à la zircone est la possibilité du collage. La colle utilisée est du Multilink (ivoclar). Je ne me sers pas de connexion cone morse lors de restaurations plurales. Il faut utiliser des piliers de prothèse transvissée de type balance base. Sauf si les implants sont parfaitement parallèles c’est qui est parfois difficile. Il m’est en effet arrivé d’utiliser d’autres types de pilier ( pilier balance postérieur) beaucoup plus longs et avec des angulations importantes pour augmenter la surface de collage entre le pilier et la céramique. L’ angulation de ces piliers varie de 0° à 37 5°.

Laurent THERY

Il s’agit toujours dans ce type de restauration d’une restauration monobloc, le pilier est toujours solidaire de la coiffe en céramique. Il n’y a donc pas de possibilité de mobilité entre le pilier et la coiffe en céramique.

Laurent THERY

Pour répondre à galfie, j’avoue ne mettre jamais posé la question dans ces termes la question me paraît intéressante mais je n’ai pas de réponse à donner. Il me semble que le meilleur joint possible est obtenu lors du collage au laboratoire dans des conditions bien plus favorables que celles en bouche.

caith

 » C’est le positionnement des points de contact qui permet de mettre en place cette céramique monobloc directement sur l’implant  » Faut il comprendre que la distance MD de la céramique est majorée et que la mise en place se fait par réglages successifs des points de contacts ?

toutou

Grand merci pour votre réponse lumineuse.
Pour GALFIE, a la bino , le joint est excellent, et il faut trouver un système qui permet de gérer cet enfouissement, donc avoir plrs systèmes complémentaires ou gèrer, en amont parodontalement ou greffes,et comme vs l’avez remarque, le comportement gingival sur cette option est remarquable, pour témoin les reconstitutions de franck lagorce sur c e blog.
La peri implantite est un sujet un peu trop tendance je trouve, bon mais ça n’ engage que moi .

Laurent THERY

pour répondre à caith, c’est bien le positionnement des points de contact qui permet le positionnement de la céramique. Par contre, la distance MD n’est pas majorée. Elle est identique quelque soit le type de restauration (implantaire ou dentaire). Il est possible de devoir régler les points de contact mais c’est relativement rare. C’est par contre, on est bien d’accord, un paramètre important à valider avant de transvisser la coiffe. Quand c’est le cas, le patient ressent souvent une pression interdentaire importante.

eric

Le problème que me pose cette technique est le collage de la céramique sur le pilier. Qu’en est-il de la nature du collage entre la vitrocéramique et le titane ? l’Emax est une céramique renforcée certes mais cette force prend réellement toute sa dimension quand elle est collée sur un substrat avec lequel, si j’ose dire, elle ne fait qu’un. J’ai regardé rapidement sur Pubmed et je ne trouve pas d’études ayant analysé la force de cohésion entre les deux matériaux. Aucune n’étudie la tenue du joint dans le temps. Rien ! Nada! Que peut-on donc penser de cette technique que je vois fleurir autour de moi ( Ivoclar fait bien son travail de com’) mais aucune validation scientifique.

galfie

J’ai rencontré un autre problème avec ces céramiques collées : on ne peut renvoyer au laboratoire pour des retouches qui nécessitent un nouveau passage au four ! car la liaison collée s’altère (dilatation du joint) et j’ai eu à plusieurs reprises des désolidarisations… Donc il faudrait pouvoir faire l’essai, les réglages et le glaçage avant le collage final. Et se pose alors le problème d’un assemblage « provisoire » pour mener à bien l’essai initial…

Laurent THERY

Merci pour tous ces commentaires, La liaison entre une céramique vitreuse et le titane n’est pas clairement mon point fort mais je vais pousser la question pour revenir vers vous en essayant de détailler la liaison de collage entre le titane cette céramique.
Cela fait des années que l’on colle du métal au substrat dentaire donc je ne m’étais pas posé la question de ce type de liaison entre la céramique et le titane.
Concernant les retouches qui nécessitent un passage au four je suis tout à fait d’accord : si un passage au four est nécessaire alors il sera indispensable de refaire un collage. J’avoue que cette situation ne m’est pas encore arrivée puisque je réserve cette technique uniquement dans des cas relativement simples (édentation unitaire et lorsque les rapports d’occlusion sont stables). Pouvez-vous me donner une situation clinique au cours de laquelle vous allez dû refaire un passage au four ? Pour corriger un point de contact par exemple ?

Leave a comment