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Couronnes implantaires scellées versus vissées : étude randomisée sur 10 ans

Le succès implantaire n’est plus à démontrer tant les études expérimentales et cliniques démontrent sans contestation possible le succès des prothèses implantaires. Il existe deux grandes classes de prothèses, la prothèse scellée et celle transvissée. Il existe peu d’études sur le long terme qui comparent le taux de survie des deux classes, chaque praticien ayant en fonction de ses aspirations, de ses croyances souvent, la tendance à privilégier l’une ou l’autre des prothèses. Ainsi les adeptes de la prothèse transvissée pensent que le joint de ciment laissé en prothèse scellée est un facteur de risque supplémentaire de péri-implantite (le terme de cémentite a même été employé pour désigner une inflammation gingivale péri-implantaire engendrée par le ciment de scellement de la coiffe prothétique). Les partisans de la prothèse scellée argumentent du respect de l’anatomie occlusale et de la diminution des contraintes entre plusieurs implants contigus puisque le joint de colle garantit une passivité des armatures. Dans la revue citée en titre étude récente prospective randomisée et contrôlée à 10 ans les auteurs ne montrent pas de différence en terme de taux de survie entre les deux techniques, de perte osseuse ou de modification du contour gingival.

On peut s’interroger également sur le rôle des piliers implantaires et les manoeuvres qui s’y rattachent. Est-il utile de proposer un pilier définitif le jour de la pose de l’implant pour éviter les risques de cratérisation lors de différentes manœuvres de vissage/dévissage ? Dans une ancienne étude Abrahamsson et coll. (1997) montrent chez le chien que les manœuvres de vissage et dévissage des pièces prothétiques provoquent une plaie et un positionnement plus apical de la gencive. Dans une étude récente chez l’homme, Grandi et coll. (2012) montrent que le fait de ne pas retirer le pilier définitif posé le jour de la chirurgie limite la diminution de la perte osseuse par rapport aux manœuvres classiques de vissage et dévissage. La diminution de la perte osseuse est de 0.3 mm, ce qui fait une différence statistique certes mais d’une conséquence clinique négligeable.

Qu’en pensez vous ?
Pourquoi privilégier une technique plus qu’une autre à votre avis ?

Comments

yes49

En terme de taux de survie, de perte osseuse ou de modification du contour gingival, c’est peut être pareil mais pour les cas ou il faut réintervenir, la différence est grande pour ne pas dire énorme, ce qui est un facteur non négligeable dans la gestion d’un cabinet.

Laurent THERY

bonjour Yes49, c’est en effet un point positif. Le démontage d’une prothèse scellée peut être compliquée. Certains auteurs proposent de réaliser un bandeau palatin ou lingual pour démonter plus facilement la coiffe avec un arrache couronne et de sceller les coiffes implantaires avec un ciment provisoire de type polycarboxylate.
Merci de cette remarque.

dumaille

certain systeme comme ankylos propose la possibilté d’un vissage latéral des prothèses, en avez vous l’experience.

Laurent THERY

bonjour dumaille,
En effet le système Ankylos permet un vissage latéral puisque tous leurs piliers sont munis d’un filetage latéral. J’ai déjà évoqué cette solution avec mon prothésiste ainsi qu’avec le commercial de ma région; cela semblait toujours rendre la solution plus compliquée. Donc pour répondre à ta question, je n’ai pas d’expérience de ce vissage puisque je me suis débrouillé pour trouver des solutions plus conventionnelles.
cdlt
Laurent THERY

dumaille

clairement ankylos n’est pas fait pour faire du transvissé en unitaire, donc comment fais tu pour une mise en esthetique immédiate d’une dent?

Laurent THERY

Bonjour, Ankylos ne dispose pas à ma connaissance d’un pilier transvissé pour une dent unitaire comme de nombreux autres systèmes d’ailleurs.
La solution est de coller au laboratoire la coiffe provisoire sur le pilier titane (plutôt un balance postérieur indexé ou non) puis de transvisser la coiffe en résine. La dent est donc mise en place par la vis de pilier puis le puits d’accès est bouché par un ciment provisoire; C’est hyper simple et très peu onéreux (pas de clé de positionnement);
Je joins un cas.
L’autre solution est de sceller avec précaution la coiffe provisoire puis de retirer les excès de ciment mais cela est une autre histoire et fera l’objet d’un autre post;
Amicalement
Laurent THERY

dumaille

L.inconvenient de ta proposition est la nécessité de démonter l.ensemble pilier et dent pro pour réaliser la définitive et donc d’agresser une nouvelle fois les tissus péri implantaires.
Sans parler de la difficulté de démonter un pilier à connection conique étroite comme ankylos.

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