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Implantologie du futur #3

Lors de la création de ce blog d’implantologie prothétique, nous avions choisi de présenter un cas clinique illustrant les défis futurs de l’implantologie,

à savoir, la gestion des échecs et des complications prothétiques sur implants :

Nous pensions alors que le nombre de ce type de situations cliniques allait augmenter dans le futur. Cette tendance se confirme… malheureusement.

Le cas clinique que nous soumettons aux lecteurs est celui d’une patiente de 65 ans, adressée par son chirurgien-dentiste pour cause d’inconfort prothétique.

Historique dentaire

L’histoire dentaire de cette patiente est remarquable : édentée complète à un très jeune âge (30 ans), sans avoir bénéficié d’aucun effort conservateur de la part des praticiens qui l’ont prise en charge à l’époque, elle fût appareillée d’une prothèse amovible complète bi-maxillaire.

L’inconfort de ces prothèses l’a poussé à envisager une stabilisation de sa prothèse amovible mandibulaire grâce à la mise en place d’implants symphysaire au début des années 2000. Placés en sites de 32, 31, 42 et 43, ces implants (Steri-Oss®, connexion externe, Nobel Biocare) étaient équipés d’attachements axiaux.

Mais après quelques années d’usage, ce système prothétique ne donnait pas entière satisfaction à la patiente (caractère amovible de la prothèse, instabilité croissante malgré le renouvellement régulier et de plus en plus fréquent des attachements, esthétique déficiente).

Souhaitant remédier à cette situation, la patiente a alors consulté un autre chirurgien implantaire qui a choisi de placer des implants supplémentaires (Nanotite Certain®, connexion interne, Biomet 3i) en distal des premiers (deux dans le secteur mandibulaire gauche et un dans le secteur mandibulaire droit) et ainsi modifier la conception prothétique pour la faire évoluer vers une solution totalement fixe, à savoir un bridge implantaire transvissé.

La prothèse amovible maxillaire initiale a été conservée sans aucune modification et malgré que la patiente rapporte un déficit esthétique et une instabilité relativement invalidante.

Analyse clinique

L’entretien initial permet à la patiente de nous retracer son parcours de soins et d’exprimer ses doléances : difficultés phonétiques, insatisfaction esthétique, instabilité prothétique maxillaire, inconfort fonctionnel.

L’arcade maxillaire présente une forte résorption osseuse en raison de l’ancienneté de l’édentation.
La prothèse amovible complète maxillaire montre une instabilité et on observe une sous-exposition des dents antérieures lors du sourire.

L’arcade mandibulaire est elle-aussi fortement résorbée. On constate un important déficit de gencive attachée autour des implants. L’exposition des dents de la prothèse mandibulaire est excessive au repos, lors de la phonation et lors du sourire.

Situation clinique initiale :

  • Quelle méthodologie adopteriez-vous pour gérer ce cas ?
  • Quel plan de traitement proposer à la patiente ?
  • De quels éléments complémentaires auriez-vous besoin pour solutionner cette situation ?

Commentaires

Jean-Michel MOAL

Bonjour, je ne suis pas chirurgien-dentiste, mais dans ce cas, il me semble que pour faire un bon plan de traitement, il faut: une prise d’empreintes, arc facial, redéfinition de la dimension verticale, utilisation du Ditramax afin de situer les milieux et la position des incisives. Pour le haut, s’il y a un manque d’os, la pose de deux ou quatre implants zygomatiques me parait la meilleure solution. Une fois la situation stabilisée, réalisation des bridges d’usages.

Bonjour Jean-Michel
et merci de votre participation à cette réflexion.
Votre point de vue de maître-prothésiste montre bien les paramètres occlusaux et esthétiques dont nous avons besoin pour corriger les défauts des prothèses existantes. Le montage en articulateur qui permettra la fabrication des nouvelles prothèses d’usage doit évidemment valider des repères esthétiques et une position mandibulaire à la bonne dimension verticale.
Mais la situation de cette patiente, à ce stade, pose cependant de nombreuses interrogations : des implants sont-ils possibles au maxillaire? en quelle position? Pour quel type de prothèse? Fixe, amovible ou amovible stabilisée sur implants? Peut-on utiliser les implants mandibulaires? Quelle conception prothétique mandibulaire?
Comment y répondre avant de proposer un plan de traitement à la patiente?

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