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Quel traitement pour ce cas?

Cette patiente de 37 ans consulte pour réparer le préjudice esthétique lié à une réhabilitation implanto-prothétique, faite il y a une quinzaine d’années, concernant les incisives latérales maxillaires et la 43. Elle est en bonne santé.

Les causes de ce type d’échec sont multifactorielles; quelles sont selon vous les facteurs qui expliquent la situation actuelle?
Quelles propositions peut-on faire à cette patiente pour restaurer son sourire?

La gestion de ce cas clinique sera présenté dans un prochain post

Commentaires

drdovd

Il semblerait que les implants aient ete poses a une periode ou la croissance des maxillaires (max et mand) n’etait pas encore achevee.
A premiere vue sans d’autres donnees cliniques et radiographiques ,il serait possible de deposer les implants de faire une augmentation et/ ou greffe osseuse puis implants et couronnes.
On peut envisager de faire une distraction osseuse avec contention des des blocs osseux contenant les implants et si la bonne mere Nature le veux, refaire les couronnes.(science fiction? j’ai discute ce plan de traitement pour une dent laterale avec un emminent confrere,je vais verifier si il l’a execute.

eric

Je pense qu’il faut aussi élargir les espaces entre les centrales et les canines. Il y a donc AUSSI de l’ODF à faire …… Dans le cas contraire, on va au deuxième échec esthétique et je me demande même si , chirurgicalement, il y a la place mésio distale pour poser les implants.

jean

les implants ont manifestement été posés trop vestibulaire pour palier au manque d’espace. l’implant n’étant recouvert que par de la gencive, celle-ci a « fui ». Le résultat est déplorable et inrattrapable en l’état. Il faut rouvrir les espaces (ODF) déposer les implants, greffe, et reposer des implants en position correcte. La gestion de la gencive risque d’être délicate.

dumaille

La discussion doit également s.ouvrir sur le remplacement de dent esthétique chez le patient jeune comme des agénésies.

carton

Peut on imaginer que le praticien à laissé la patiente de 22 ans dans cet état ou y a-t-il eut des modifications après la fin des réalisations prothétiques?

Thierry DEGORCE

Les amis merci pour tous ces commentaires qui ouvrent la discussion à plusieurs problèmes. En fait cette situation déplorable sur le plan esthétique et psychologique de la patiente est le résultat de deux problèmes distincts.
– Le premier (et sans doute le plus important) est la malposition initial des implants. Comme l’écrit eric avec justesse, les implants ont été beaucoup trop inclinés en vestibulaire car l’espace mésio-distal initial était trop étroit.
Il aurait fallu commencer par élargir l’espace avec de l’orthodontie et aménager des couloirs osseux idéaux de 7 mm sur toute la hauteur des sites. L’inclinaison vestibulaire des cols implantaires a inévitablement aboutie à une fonte de la fine corticale vestibulaire et de la gencive et provoqué l’exposition des cols lisses des implants. Je souhaite préciser que l’utilisation d’implants plus « modernes » avec un état de surface rugueux, des spires au cols et du switch intégré dans son dessin, n’aurait rien changé au problème.
– Le deuxième problème est sans doute lié à un problème de croissance des maxillaires qui s’est poursuivit bien au-delà de la pose des implants. On revient à ce problème d’âge qui a été abordé dans le post précédent, pour traiter les patient jeune dans le secteur antérieur et en particulier les cas assez fréquents d’agénésie des incisives latérales.

djgv

Les règles élémentaires de non implantation avant la fin de la croissance étant connus de tous, je pense qu’il est vraisemblable que les implants ont été positionnés en fonction de l’os résiduel atrophié, donc trop vestibulés.
Un traitement orthodontique préalable associé à des greffes osseuses en onlay avec des implants de 3 mm auraient permis des restaurations adéquates.
La dépose des implants semble nécessaire, cependant les proximités radiculaires et la proximité des fosses nasales peuvent rendre difficile l’intervention.
Après cicatrisation, des greffes en onlay seront réalisés avec apport de conjonctif.
P.S : la seule restriction esthétique concerne les implants de faibles diamètre ne permettant pas des restaurations « tout zicone »
Bien confraternellement
Dr. J-G VOIRY

antoinecarillon

Le résultat est éminemment navrant. Tout un numéro de l’ID (je crois) dirigé par Lautrou est consacré aux traitements prothétiques et aux difficultés liées à la croissance mandibulaire du jeune adulte « long face syndrome » (rotation postérieure), particulièrement chez les femmes enceintes qui voient leur croissance reboostée par les hormones. Les travaux de Bjork qui nous ont été rappelés à longueur de cursus universitaire auraient dû mettre la puce à l’oreille du praticien traitant, et de beaucoup d’autres. L’accroissement de la rotation postérieure et l’égression compensatrice des dents s’accompagne d’un redressement incisif et du procés alvéolaire, accentuant ainsi par un recul le décalage vestibule-palatin observé. Il ne s’agit peut-être pas d’un défaut de placement initial car le phénomène peut s’observer à un an.
Application pratique, le traitement des agénésies de latérales dans les long face syndrome seraient une contre indication à l’implantologie chez les jeunes adultes, particulièrement chez les femmes.
Ca fait mal pour les partisans du tout implant. En outre, on se rappellera qu’au delà de la croissance, le viellissemment des traits d’un visage reflète une modification de la morphologie osseuse. Sont-elles plus marquées dans les rotations postérieures? Je n’ai qu’une certitude, seule une prothèse dento portée accompagne ces mutations.
Je n’ai pas de suggestion à apporter sur la gestion de ce cas qui dépasse mes compétences techniques, mais pas celles de Thierry. Si la patiente présentée est concernée, il en aura déjà tiré les conclusions.
Merci pour ses cas polémiques, merci à Lautrou pour l’application clinique qu’il tire de connaissances fondamentales.

antoinecarillon

NB Pour ne pas casser les moral des troupes, je précise que les restrictions émises par Lautrou sont limitées à ce qui précède : donc pas limitées aux secteurs postérieurs, ni aux secteurs antérieurs dans les rotations antérieures.

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