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Gestion d’un défaut des tissus mous pour un implant en secteur esthétique #2

Dans le post précédent, nous vous avons soumis cette situation clinique où un défaut tissulaire important s’est formé suite à l’exposition partielle d’une membrane résorbable.

Défaut tissulaire nous place dans des conditions difficiles pour l’intégration esthétique de la future prothèse.
Défaut tissulaire nous place dans des conditions difficiles pour l’intégration esthétique de la future prothèse.

Après discussion avec la patiente, une solution de compromis esthétique est envisagée. La décision est prise de maintenir l’implant placé qui semble bien ostéointégré. Une greffe de tissu conjonctif sera réalisée pour corriger le défaut de tissu mou.

La bonne intégration osseuse de l’implant a pu être objectivée.
La bonne intégration osseuse de l’implant a pu être objectivée.

Un lambeau d’épaisseur totale est levé délicatement pour ne pas déchirer les tissus très fins sur la zone d’exposition. La bonne intégration osseuse de l’implant a pu être objectivée.

Un prélèvement de tissu conjonctif est réalisé.
Un prélèvement de tissu conjonctif est réalisé.

Un prélèvement de tissu conjonctif est réalisé. Pour répondre à la demande qualitative et quantitative imposée par l’importance de la correction tissulaire, la tubérosité maxillaire est choisie comme site donneur. Notez l’épaisseur et la densité du greffon prélevé.

Desépithélialisé, le greffon est glissé sous le lambeau
Desépithélialisé, le greffon est glissé sous le lambeau

Une fois desépithélialisé, le greffon est glissé sous le lambeau puis fixé à ce dernier. Le lambeau est suturé sans tension.

Belle gencive kératinisée
Belle gencive kératinisée

Après 3 mois de cicatrisation, l’aspect des tissus est nettement amélioré. On note une belle gencive kératinisée et un volume augmenté.

Désenfouissement de l’implant tout en optimisant l’épaisseur vestibulaire des tissus mous
Désenfouissement de l’implant tout en optimisant l’épaisseur vestibulaire des tissus mous

Un rouleau conjonctif replié en vestibulaire, nous permet de désenfouir l’implant tout en optimisant l’épaisseur vestibulaire des tissus mous en regard de l’implant.

La qualité des tissus mous peut-être objectivée autour de l’implant
La qualité des tissus mous peut-être objectivée autour de l’implant

Après, 6 semaines de cicatrisation, la qualité des tissus mous peut-être objectivée autour de l’implant. Elle autorise désormais l’intégration de la prothèse implantaire.

Une couronne zircone transvissée est mise en place. Le résultat n’est pas idéal
Une couronne zircone transvissée est mise en place. Le résultat n’est pas idéal

Une couronne zircone transvissée est mise en place. Le résultat n’est pas idéal, mais la prothèse s’intègre bien dans le sourire de la patiente. La qualité des tissus mous devrait assurer la stabilité du résultat. Notez toutefois, l’atrophie de la papille distale, résultat prévisible compte tenu du défaut osseux initial.

Atrophie de la papille distale
Atrophie de la papille distale

Une couronne zircone transvissée est mise en place. La prothèse s’intègre bien dans le sourire de la patiente. La qualité des tissus mous devrait assurer la stabilité du résultat. Notez toutefois, l’atrophie de la papille distale, résultat prévisible compte tenu du défaut osseux initial.

  1. Le prélèvement conjonctif tubérositaire par rapport à un prélèvement plus conventionnel au palais, vous a t-il semblé pertinent dans l’obtention du résultat ?
  2. Quelle autres techniques aurions-nous pu proposer à la patiente pour gérer la complication initiale ?

Commentaires

Bonjour,
Pensez-vous qu’il aurait été possible d’obtenir un aussi beau résultat esthétique avec l’utilisation d’une matrice de tissu mou ( style mucoderm) à la place du greffon conjonctif autogène.
Merci
Charles-Henry Sénéchaut

Thierry DEGORCE

Bonjour, il aurait été tout à fait impossible d’obtenir un résultat similaire avec une matrice allodermique, particulièrement dans le cas clinique présent où une épaisseur importante de tissu mou initial était recherchée. De notre expérience, les matrices allodermiques nous semblent pas être une alternative valables aux conjonctifs autogènes en terme d’épaississement et de « kératinisation ». Leur utilisation reste donc très limitée dans notre exercice, à quelques rares situations de recouvrement.

rhizalyse

Un rouleau conjonctif replié en vestibulaire, nous permet de désenfouir l’implant tout en optimisant l’épaisseur vestib

Avez vous un lien pour la description de cette technique ?

Thierry DEGORCE

Cher confrère, cette technique de rouleau conjonctif minimalement invasif est simple et très efficace. Elle permet de désenfouir l’implant tout en optimisant l’épaisseur des tissus mous juste au col, précisément là où on recherche une bonne stabilité des tissus pour éviter une récession secondaire. Vous êtes plusieurs à nous solliciter pour avoir des informations sur cette technique. Nous allons mettre en ligne un petit film qui détail précisément les incisions et les sutures de cette technique, très prochainement, c’est promis. Le Dr Franck Bonnet a publié sur cette technique il y a quelques années, voici la référence :
Bonnet F, J Paro & Impl Oral, 2007, 27, 1 : 19 – 31

dumaille

La tubérosité est souvent un très bon site de prélèvement de TCJ de bonne qualité et sans adipeux.
La difficulté c.est parfois le prélèvement.
Pour moi je vois pas comment faire mieux

Thierry DEGORCE

Effectivement, la tubérosité maxillaire est sans aucun doute le meilleur site de prélèvement de tissu conjonctif intra-buccal. Il de très bonne qualité et surtout il y a peu de post-op, en particulier aucune douleur.
Pour le prélèvement, j’utilise deux méthodes, soit la technique distal wedge, soit j’utilise un bistouri circulaire rotatif de 6 ou 5 mm de diamètre.

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