Naviguer / Chercher

Cas clinique : défaut parodontal et préjudice esthétique sur une incisive latérale #2

Mme L.004

Dans le post précédent nous vous avons présenté cette situation clinique.
L’analyse initiale montre au final que la correction du défaut sera essentiellement muqueux. Le volume osseux basal est suffisant pour stabiliser et positionner correctement un implant. Une correction osseuse verticale est rendue quasi impossible si on tient compte de la position des pics osseux proximaux et de la corticale palatine. Afin de simplifier le plan de traitement, nous avons décidé de réaliser une seule intervention chirurgicale.

Mme L.005

La dent est extraite et l’implant placé immédiatement, avec une vis de cicatrisation. Un peu de matériau de comblement (Bio-Oss®, Geistlich) est d’abord placé sur la corticale vestibulaire. Une greffe gingivale de tissu conjonctif prélevé au palais est ensuite suturée en vestibulaire puis recouverte par un lambeau déplacé coronairement. Elle devrait permettre de corriger le défaut muqueux initial. Ainsi en une seule intervention chirurgicale tous les objectifs ont été atteints : la dent extraite, l’implant placé et le défaut muqueux vertical corrigé. La stabilité primaire de l’implant nous autoriserait même dans cette situation à placer une dent temporaire transvissée immédiate.

Mme L.006

La patiente disposant initialement d’une prothèse amovible transitoire réalisée par son omnipraticien, cette dernière a été utilisée.
Après 5 mois de cicatrisation, l’implant s’est bien ostéointégré et on peut observer un épaississement muqueux conséquent. Le défaut vertical initial a été corrigé pour permettre une intégration esthétique de la prothèse.

Mme L.007

Une couronne zircone transvissée a été placée. Notez l’intégration gingivale. Les collets sont alignés, des papilles sont présentes et le volume vestibulaire est convexe.

Mme L.008
  1. Une implantation différée et le recours à un plan de traitement en plusieurs temps chirurgicaux aurait-il permis d’améliorer le résultat esthétique ?
  2. La correction ayant été essentiellement muqueuse, pensez-vous que le résultat obtenu puisse être stable dans le temps ?

Commentaires

hodina

Bonsoir,
Tout d’abord merci pour ce joli cas clinique et son Happy End.
Concernant vos 2 questions:
Une implantation différée n’aurait pas permis vraisemblablement de conserver de la même manière l’os au niveau proximal.
Mais c’était malgré tout une possibilité technique.
Le problème étant qu’en un temps, il a fallu gérer beaucoup de paramètres, ce qui semble réservé aux praticiens avec beaucoup d’expérience dans la pose d’implant en position esthétique. Sans parler du coup de plusieurs interventions, la motivation du patient ……
Il semblerait donc qu’une seule intervention soit dans ce cas préférable.
– concernant la 2ème question, j’aurais tendance à penser que le plus important pour la santé de l’implant n’est pas l’os mais plutôt la gencive: qualité, quantité, biotype.
Une question en plus: on s’aperçoit qu’il y a eu une petite récession sur la 11 , déjà présenté au début du cas clinique mais qui semble avoir augementé ; de pas grand chose, certes, mais un petit peu.
Un autre tracé d’incision aurait il permis de gérer cette petite récession?
( je pense à un zuchelli sans incision de décharge, comme vu dans le post précédent).
Si vous aviez a refaire ce cas clinique, le réaliseriez exactement de la même manière? Ou feriez vous différemment.
Merci encore et au plaisir de lire vos commentaires et autres cas cliniques passionnant.

http://www.arcad-dentaire.fr

Thierry DEGORCE

Cher confrère,
Merci pour votre commentaire.
Effectivement, l’implantation immédiate s’est révélé judicieuse dans ce cas clinique. Elle met en évidence l’importance de la gencive et du biotype pour la stabilité à long terme. La gencive péri-implantaire est un facteur essentiel qu’il faut prendre en compte systématiquement dans nos traitement et en particulier dans le secteur antérieur. Toutefois, la réussite du cas est assujettie à la bonne maitrise de la greffe gingivale. Pour un praticien qui débute en implantologie, je conseille de différer l’extraction de la pose de l’implant et de gérer la situation étape par étape.
Concernant la petite récession visible sur la 11, je ne suis pas sûr qu’elle ait été initiée par le tracé d’incision de la chirurgie mais davantage par l’évolution de la maladie parodontale qui a progressé avec le temps. C’est d’ailleurs étonnant d’observer l’évolution de la perte d’attache autour des dents alors que la muqueuse péri-implantaire semble rester stable.

hodina

Merci de votre reponse.
Comme vous je ne pense pas que la récession ait été initiée par le tracé d’incision. Ce n’était pas le sens de ma question. Je me posais juste la question de savoir, puisque la récession semble déjà exister au début du cas clinique si on aurait pu tracter la gencive un petit peu en même temps que la pose de l’implant via un autre tracé d’incision? Cela aurait il été possible? Est ce que cela aurait pu fonctionner? Est il difficile de gérer ce genre de problème en même temps? Et si oui, quel tracé d’incision aurait été choisi dans ce cas?
Merci encore de votre patience avec toutes mes questions .

Laisser un commentaire