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Agénésie des latérales: réponse implantaire

Pour une jeune patiente de 12 ans ayant consulté pour agénésie des latérales le choix a été fait de traiter le problème par orthodontie et implants en place de 12 et 22. La situation après traitement orthodontique est favorable. Une attention particulière est prêtée aux papilles qui sont présentes et dont l’importance est capitale pour le résultat esthétique final. Elles seront préservées tout au long des étapes chirurgicales. En vue occlusale on note l’espace mésio-distal équilibré entre droite et gauche et des concavités vestibulaires qui doivent être corrigées afin de créer un profil esthétique.

Premier temps chirurgical

Augmentation du volume osseux. des lambeaux d’épaisseur totale sont levés afin de mettre en évidence les corticales vestibulaires. Noter les tracés d’incision qui ménagent les papilles proximales. Un matériau de comblement est mis en place (Bio-oss) dans les concavités vestibulaires et protégé par une membrane résorbable (Osseoguard). La prothèse amovible partielle est remise en place, en suppriment la fausse gencive. Elle contribue à mettre en forme la gencive dans la zone augmentée et favorise la délimitation du futur collet des prothèses.

Second temps chirurgical

Mise en place des implants. La patiente est revue après 6 mois pour la mise en place des implants (Biomet 3i Prevail® 3:4/3×11.5 mm). De nouveau les lambeaux préservent les papilles. Les implants sont mis en place en respectant les critères habituels de positionnement; en particulier l’axe d’émergence cingulaire est important pour permettre le transvissage de la prothèse. De ce respect découle la possibilité d’une morphologie prothétique compatible avec la pérennité des tissus de soutien et des papilles. La PAP est réadaptée et remise en place.

Troisième temps chirurgical

Mise en fonction des implants. Après 4 mois la patiente est revue pour la mise en place des prothèses provisoires fixées. Le désenfouissement des implants est réalisé. Des rouleaux conjonctifs vestibulaires permettent l’accès aux vis de couverture des implants tout en augmentant l’épaisseur de la gencive vestibulaire et en préservant les papilles proximales.

La prothèse transitoire transvissée est placée le jour de l’intervention. Sa forme vestibulaire est l’objet d’une attention particulière au laboratoire (modèle avec fausse gencive). Une concavité vestibulaire est ménagée dans la portion transgingivale afin de préserver l’épaisseur des tissus et leur vascularisation. La vue occlusale des prothèses fixées provisoires montre bien, d’une part la précision de l’axe d’émergence cingulaire, et, d’autre part le gain de volume tissulaire vestibulaire obtenu par la chirurgie. Par ailleurs les papilles sont présentes et favoriseront l’intégration des futures prothèses permanentes dans l’esthétique du sourire. Les radios montrent la situation avec les prothèses fixées transitoires.

Prothèses permanentes

Après dépose des provisoires l’épaisseur de la gencive est bien visible ainsi que le profil d’émergence épais et esthétique. À l’identique des dents temporaires, une concavité vestibulaire de la partie trans-gingivale permet de maintenir le manchon conjonctif obtenu lors des différentes étapes chirurgicales..

Les empreintes sont réalisées et transférées au laboratoire qui élabore un modèle de travail avec fausse gencive amovible.

Les prothèses permanentes sont en zircone directement transvissées dans les implants. L’absence de ciment de scellement, permis par le transvissage (puits obturés par des composites) contribue également à la stabilité des résultats. Le sourire retrouvé de la patiente, qui dégage les collets des restaurations lors du sourire, fait passer au second plan les efforts qu’elle a du consentir pour supporter les exigences d’un tel traitement, à une époque de sa vie ou l’insouciance orale aurait du être synonyme de sa jeunesse.

Dans un tel cas favorable, et pour ne pas alourdir le traitement d’une patiente qui a déjà subi 5 ans d’orthodontie et la maintenance de la PAP, aurait-on pu poser directement les implants sans aménagement tissulaire?
Les prothèses ont été réalisées par Mr. Jacky Pennard céramiste, Tours

Commentaires

jmd75

Superbe gestion de la situation. Bravo. Cela montre encore une fois que l’on sait mettre un morceau de titane dans l’os et rajouter de la gencive. Cependant, la question fondamentale face à l’agénésie de l’incisive latérale supérieure reste: que vont devenir ces implants dans le temps ? J’invite le lecteur à lire les superbes articles parus la semaine dernière dans l’ID (Samama, Lautrou, Menceur et coll.) qui nous montrent parfaitement les croissances tardives et leurs conséquences dans le sens vertical. Et aucun orthodontiste n’est à m^me de les prévoir. A la question qui tue, et si c »était votre fille, je lui poserai un bridge collé et j’attendrais qu’elle ait au moins 30 ans avant de décider de faire éventuellement autre chose.

sadaikha

bonjour

es ce que vous pourriez nous communiquer le lien d’internet de ses articles de l’ID de Samama et les autres , merci
es ce que il faut etre abonner avec l’ID pour avoir droit a la lecture ??
merci

simon

Les deux avis peuvent se discuter, c’est ca qui est interressant sur les blogs.

Les parents ont-ils le droit de décider du port d’une PAP par leur fille durant une periode comme l’adolescence ?

La decision de plan de traitement dépend d’une appréciation professionnelle du préjudice esthetique attendue soit, mais c’est un contexte aussi, la demande d’un sujet (?), et, de sa famille.
Nos visions sociétales et individuelles subjectives en matière d’esthetique sont actuellement trè influencées par des standards, des images, des médias et des pub formatées : la jeunesse. la beauté et la santé sont de plus en plus vantés et véhiculés…..

On peut aussi facilement imaginer que cette grande fille a sauté de joie dans les bras de ses parents, pour les remercier de ses jolies dents.

dumaille

Sniff, c’est beau s’que tu dis.
Mais la question reste que deviendra ce beau résultat à 15 ans par exemple.

Thierry DEGORCE

Bonjour à tous,
Je viens de revoir la patiente, il y a quelques jours. J’ai maintenant 3 ans de recul et franchement je n’observe aucun déplacement des dents collatérales et une très belle stabilité des tissus mous péri-implantaire.
Ci-joints des photos.

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