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Thérapeutiques Implantaires d’extractions partielles #2

Les racines enfouies sous les pontiques de bridge

L’enfouissement sous la gencive de la racine dentaire d’une dent compromise, au niveau d’un futur intermédiaire de bridge permet la préservation complète de l’os alvéolaire et assure ainsi l’obtention d’un résultat esthétique satisfaisant dans les cas de remplacements de plusieurs dents adjacentes. À l’origine cette procédure a été décrite chez l’animal et chez l’homme pour conserver du volume sous des prothèses amovibles complètes (Miller, PA, 1959, Morrow RM et al, 69) puis sous des pontiques de bridges dento-portés (Malmgren et al., 1984).
Lorsque des implants sont indiqués, Il semble établi que la hauteur des tissus mous, et en particulier des papilles, semble moins importante entre deux implants qu’entre un intermédiaire de bridge et un implant et moins encore qu’entre une dent naturelle et un implant. Il semble donc préférable d’envisager la mise en place d’un intermédiaire de bridge dans les secteurs esthétiques. Aussi lorsque l’indication s’y prête, Salama et al., 2007, proposent d’enfouir des racines sous des pontiques de bridge entre les implants. Une extrusion orthodontique préalable peut parfois être nécessaire pour déplacer correctement l’os alvéolaire et établir la forme idéale d’un intermédiaire avant d’enfouir l’implant (Funato, 2011).

Techniquement, la portion coronaire de la dent doit être réduite au-dessous du bord gingival jusqu’au niveau de l’os alvéolaire, idéalement 1 à 2 mm au-dessus pour préserver l’attache épithéliale (Salama et al., 2007). La préservation des fibres supra-crestales permet une meilleure préservation de l’architecture des sites et en particulier des papilles.
L’enfouissement sous la muqueuse peut se réaliser de manière spontanée avec le temps (Langer, 1994), ou bien être provoquée à l’aide d’une greffe de tissu conjonctif (Funato, 2011, Salama et al., 2007).
Dans le cas d’un enfouissement spontané, la racine est maintenue en bouche de 2 à 8 semaines. La prothèse provisoire est placée et ajustée pour obtenir le confort du patient. L’organisme produit spontanément des quantités suffisantes de tissus pour enrober et recouvrir partiellement ou totalement la racine condamnée. Si le phénomène est insuffisant, il y a lieu de réduire davantage la structure dentaire au-dessous de la crête osseuse. La pulpe peut être préservée ou bien le traitement endodontique effectué avant l’enfouissement des racines.
Des greffes de tissu conjonctif libres ou pédiculées peuvent être utilisées pour recouvrir la racine maintenue dans l’os. Ces techniques de chirurgies plastiques ont notre préférence car elles permettent en plus d’augmenter l’épaisseur des tissus mous sous le futur pontique ovoïde.
Une fois enfouies, les racines semblent stables. O’Neal et al, 1978, ont réalisé un examen histologique entre 30 et 120 jours de 16 racines dentaires traitées (sur des chiens), sectionnées 2 mm sous la crête osseuse : 62,5% des échantillons radiculaires avaient plus de la moitié de leurs surfaces sectionnées recouvertes d’os. Ils ont observé un recouvrement complet à 60 jours. Le recouvrement osseux coronaire des racines enfouies a également été observé par Malmgren et al., 1984. Bowers et al, 1989 ont enfouis 43 dents vitales chez 9 patients. Après 6 mois, ils observent histologiquement un potentiel de formation d’une nouvelle attache sur la surface sectionnée de la dentine. Aucune résorption ni ankylose radiculaire ni nécrose pulpaire n’est rapportée.
L’enfouissement de racines compromises doit être considéré dès le début du plan de traitement comme stratégique sur le plan esthétique, lors du remplacement de dents antérieures maxillaires. De la même manière, dans des situations d’échecs implantaires, il peut être possible d’enfouir des implants qui n’auront plus de rôles fonctionnels mais permettront toutefois de maintenir l’os.

  1. Quelle est votre expérience en matière de conservation de racines sous des bridges ?
  2. Faisiez vous déjà appel à cette technique en prothèse non implantaire ?

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