Navigate / search

Une décision lourde de conséquence ?

Mademoiselle B. 32 ans se présente en consultation avec des douleurs très importantes (EVA 8-9/10) situées au niveau de la dent 12. Elle est très inquiète d’autant plus qu’elle nous dit avoir eu un problème au niveau d’une valve cardiaque et prendre des médicaments (anti-vitamine K) depuis l’intervention chirurgicale au niveau du cœur il y a 7 ans.

A l’examen clinique, on note une attelle de contention présente depuis la fin d’un traitement orthodontique il y a 10 ans. Celle-ci est décollée au niveau de la dent 12, ce qui laisse supposer une infiltration salivaire. La dent 12 présente les symptômes de pulpite irréversible, tests thermiques et électriques réalisés sur la 12 et en parallèle sur d’autres dents confirment ce diagnostic.
L’examen radiologique (fig 1) révèle une volumineuse lésion carieuse, située sous le plot de composite servant d’ancrage à l’attelle de contention.
Après vérification auprès du médecin traitant, mademoiselle B. est porteuse d’une valve prothétique mécanique au niveau aortique. De plus, elle présente une allergie à l’amoxicilline.

Quelle est votre attitude thérapeutique ?

Mademoiselle B présente un haut risque d’Endocardite Infectieuse (EI) : prothèse valvulaire mécanique. Selon les dernières recommandations, il est tout à fait possible de réaliser la pulpectomie de 12, mais sous certaines conditions.
La patiente est informée du traitement, une antibioprophylaxie selon les recommandations en vigueur (600mg Clindamycine par voie orale 1 heure avant l’acte), accompagnée d’un antidouleur lui sont administrés. L’acte est programmé 1 heure après.
Une désinfection péridentaire est entreprise après l’anesthésie locale para-apicale. L’attelle de contention est sectionnée en mésial et en distal de 12. Ensuite, la lésion carieuse est curetée soigneusement sous champ opératoire étanche (digue). Bien qu’ayant une perte de substance importante, la dent est jugée conservable, pouvant être reconstituée de manière esthétique et fonctionnelle. Le traitement endodontique est donc entrepris et mené à terme dans la séance (fig 2). Un antidouleur de palier II est prescrit, ainsi que des conseils d’usage post-opératoires. Nous sommes joignables en cas de problème au niveau de cette dent ou s’il y a l’apparition d’une fièvre.
La séance suivante (fig 3), 3 semaines plus tard, permet de réaliser un composite en technique directe sous champ opératoire de manière à restaurer un guide antérieur fonctionnel. L’orthodontiste ne juge pas nécessaire de réaliser une nouvelle contention. Un bilan buccodentaire précis est réalisé notamment au niveau des autres dents de l’attelle.

Peut-on envisager le traitement endodontique de 12 si les tests de sensibilité thermique évoquent une nécrose pulpaire ?

Leave a comment