Naviguer / Chercher

Restauration de la dent dépulpée

Y a-t-il lieu de consacrer spécifiquement un ouvrage à la restauration de la dent dépulpée ?

Quand on sait que l’espérance de vie de la dent dépulpée est très étroitement liée à la qualité de sa restauration coronaire (1, 2, 3), la réponse semble évidente.
Il y a lieu de continuer à expliquer la nécessité de protéger de la fracture ces dents fragil(isé)es du fait des délabrements successifs ayant conduit à la dépulpation, et d’aider à choisir le meilleur moyen de les restaurer.

Trouve-t-on pléthore d’ouvrages sur ce thème ?

En fait, peu de titres abordent le sujet exception faites des chapitres dédiés dans les TextBooks de prothèse fixée (4) ou d’endodontie (5), qui se bornent le plus souvent à rappeler les dogmes mécanistes consacrés depuis plus d’un demi siècle*.

*Pour la préparation coronaire : Le respect de l’espace biologique dans le positionnement des limites cervicales de la préparation, la conservation des parois dont l’épaisseur résiduelle après préparation périphérique est de 1mm, avec une hauteur des parois de 1,5mm minimum sur toute la périphérie de la préparation pour garantir l’effet de sertissage périphérique,
Pour la préparation radiculaire : Longueur de l’ancrage intra-radiculaire idéalement équivalent au 2/3 de la longueur radiculaire, au moins équivalent à la hauteur de la partie supra-crestale de la reconstitution, préservant 5mm d’obturation canalaire, et toujours apical à la crête osseuse.

Quelques essais traitent spécifiquement de la question et sont disponibles en langue anglaise (6) mais les recommandations qu’on y trouve sont-elles actuelles et toujours pertinentes ? Au vu des progrès réalisés dans le domaine des biomatériaux et des techniques permettant leur mise en œuvre, clairement non !

Et pourtant, des propositions de restauration moins invasive faisant appel aux techniques adhésives existent depuis plus de 10 ans (7), et montrent avec des reculs cliniques intéressant qu’il est possible rétablir et de maintenir la fonction de la dent dépulpée sans faire appel systématiquement appel au tandem inlay core/couronne.

Y a-t-il d’un côté des Old School et de l’autre des New Age ?

livre-bolla

Les « tout inlay core » et les « no post no crown » ? L’ouvrage dirigé par Marc Bolla prouve le contraire, que chaque moyen de restauration a sa place dans un arsenal thérapeutique qui tient compte d’une analyse dentaire individuelle.

Lectures conseillées :

  • Restaurer la dent dépulpées-Tout simplement. Marc Bolla. Espace ID. 2014.
  • Stratégies de traitement de la dent dépulpée. Réalités Cliniques 2011;22(1).
  • Inlay, onlay, overlay. Réalités Cliniques 2014;25(4).
  • Réalisez-vous des restaurations partielles indirectes sur dents dépulpées ?
  • Comment adapter ces nouvelles propositions à sa propre pratique et aux contraintes d’un exercice conventionné (à fortiori dans un pays en crise) ?
Bibliographie :

  1. Chugal N, Clive JM, Spangberg L (2007) Endodontic treatment outcome : effect of permanent restoration. OOOO Endod 104:576-82.
  2. Aquilino SA, Caplan DJ. Relationship between crown placement and the survival of endodontically treated teeth. J Prosthetic Dent 2002
  3. Kirkevang LL, Vaeth M & Wenzel A (2014) Relationship between crown placement and the survival of endodontically treated teeth. Int Endod J 47: 980-8.
  4. Preparations for extensively damaged teeth. Schillingburg HT. Fundamentals of fixed prosthodontics. 3rd Ed. Quintessence. 1997.
  5. Restoration of endodontically treated teeth. Goodacre CJ, Baba NZ. In Endodontics. Ingle J. 6th Ed. BD Decker. 2008.
  6. Contemporary restoration of endodontically treated teeth. Evidence-based diagnosis and treatment planning. Baba NZ. Quintessence Publishing 2013.
  7. Adhesive restoration of endodontically treated teeth. Mannocci F. Quintessentials of dental practice 40. Endodontics 4. Quintessence Publishing 2008.

Commentaires

eric

Oui, je fais des restaurations partielles indirectes sur dents dépulpées.
Cela se gère probablement de la même façon que lorsqu’il faut expliquer à un patient qu’il va devoir avoir recours à un endodontiste exclusif qui prend prendre des honoraires non remboursés par la sécurité sociale. Cela se gère donc par des explications.
En revanche, là où le bât blesse, c’est dans la relation avec les complémentaires qui proposent aux patients d’aller voir un dentiste qui fera une couronne.
En outre, souvent, sur dents dépulpées, les restaurations partielles se transforment en restaurations à recouvrement total. On ne peut, alors, distinguer la pièce prothétique d’une couronne que par l’absence de préparation périphérique et par le fait qu’elle n’est pas « creuse ». Et dans ce cas là , je côte une couronne.

Laisser un commentaire