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Préservation tissulaire et dent dépulpée : jusqu’où peut-on aller ?

Cliquer sur chaque illustrations pour la voir en totalité ainsi que la légende correspondante.

  • La dent dépulpée est-elle mécaniquement plus fragile que la dent vivante ?
  • La couronne est-elle vraiment la solution la plus sûre et la plus pérenne pour renforcer une dent dépulpée ?
  • Un ancrage radiculaire est-il systématiquement nécessaire pour restaurer une molaire dépulpée ?
  • Comment adhérer de manière fiable quand une limite est (très) sous-gingivale ?
  • La temporisation entre l’empreinte et le collage ; comment allier simplicité et étanchéité ?
  • Comment gérer sereinement le collage et l’élimination des excès de colle ?

Commentaires

louis

bonjour et merci pour ce post parfaitement illustré.
Lorsqu’il y a une perte de substance comme ici , je préfère réaliser une endocouronne, qui permet de s’affranchir d’une préparation périphérique de l’émail, également de ne pas faire de comblement de la cavité d’accès ce qui diminue le nombre d’interfaces dent – céramique.
De plus je préfère utiliser des systèmes auto-mordançants tels que le relyx unicem.
Enfin comment gérez vous la temporisation dans ce genre de cas, si la restauration est posée quelques jours après est elle vraiment nécessaire car le collage des temporaires est souvent délicat, le risque de décollement important et si un adhésif est utilisé il peut empêcher la mise en place de la pièce définitive lors de la pose.

Merci pour vos réponses, j’ai l’impression qu’il y a souvent deux écoles pour ce genre de reconstructions vous en conviendrez :).

Romain CHERON

Bonjour Louis,

Merci pour vos commentaires. Je vais tenter de reprendre l’ensemble des points que vous soulevez.
Tout d’abord, la préparation réalisée ici ne nécessite pas de « préparation périphérique ». J’ai simplement abaissé les cuspides résiduelles (fines ou inexistantes) et lissé les transitions entre les différents niveaux. Comme on le voit sur la photo 15 (application de l’adhésif), il n’est réalisé aucune préparation en vue d’un encastrement mécanique. Le léger bombé est essentiellement dû au composite de comblement de la chambre et permet seulement un positionnement précis de l’overlay.
Concernant l’option de l’endocouronne, il y a effectivement 2 écoles… et je suis de celle qui n’aime pas! Je m’appuie sur les travaux de P. Magne qui montrent que les endocouronnes en céramique sur dent dépulpées augmentent le risque de fracture dramatique de la dent. Il préfère alors les endocouronnes en composites. Shématiquement, on peut dire que la céramique (très rigide) dans la chambre pulpaire crée un effet de coin, fragilisant.
Comme j’aime utiliser de l’Emax sur les dents dépulpées , je préfère donc combler la chambre au composite pour éviter cet effet de coin. Le nombre d’interférence, plus qu’un obstacle comme ça a longtemps été enseigné, semble être un atout, en ce qu’il permet un approche mécanique plus biomimétique. En effet le composite a une rigidité (d’intensité moyenne) et un capacité d’absoption des forces très proche de la dentine, tandis que la céramique (très rigide) peut se comparer à lémail. C’est le concept qu’Andreasen a proposé et que P. Magne a largement développé. Cette approche m’a convaincu (je dirais même enthousiasmé!)
L’Unicem; pour l’assemblage d’une endocouronne j’approuve!
Concernant la temporisation, comme toute la dentine a été recouverte de composite, elle est biologiquement accessoire. je mets généralement un composite mou de temporisation (type Telio de chez Ivoclar) après avoir vaseliné la préparation. Ca ne joue aucun rôle de protection (puisque ça n’est PAS DU TOUT étanche) mais ça évite le « gros trou » pour le patient et ça offre une barrière thermique quand la dent est vivante. Il ne tient du coup que par les excès (volontaires) en proximal ou un spot non vaseliné au centre de la prep.

Voilà! Je reste à votre disposition.
Bonne journée

marc

Superbement présenté et didactique, comme d’habitude !
Amitiés
Marcus

Romain CHERON

Louis, désolé je viens de me relire pour voir si j’étais clair… et j’ai vu une coquille:
« Le nombre d’interférence, plus qu’un obstacle…etc… », je voulais en fait dire « Le nombre d’INTERFACES ». Beaucoup plus clair comme ça je pense!

Romain CHERON

Marcus? C’est LE Marcus? Hello mon ami ADDiste! Et merci pour ton gentil commentaire

eric

Je suis entièrement d’accord . Moi non plus, je n’aime pas les endocouronnes pour ce « gros tenon » trop rigide qui engendre des fractures irrécupérables. D’un point de vue biomécanique, ce n’est pas satisfaisant.
A mon sens, c’est le mi-chemin entre l’inlay core /couronne et le no-post, no-crown. Le « j’ose pas  » …;-)
On sait que le fait de dépulper n’affaiblit la dent qu’à hauteur de 5%. C’est ensuite la perte de substance , notamment au niveau des crêtes marginales qui fait perdre la solidité d’une dent. Aller passer la dent au taille crayon, enlève tout l’émail qui pourrait encore permettre de compter sur une solidité résiduelle.
Mettre un tenon rassure l’ancienne génération qui réfléchit encore à coup de queue d’arronde.

naval

Avec le temps il est possible de constater que la couronne est loin d’être une nécessité et que la plus part du temps une molaire dépulpée peut parfaitement restée telle qu’elle avec une bonne obturation adhésive.
Tout au plus peut on conseiller le coiffage d’une prémolaire étroite à la base.
L’ancrage radiculaire je ne le préconise devant une dent totalement délabré à l’état de racine avec une bonne reconstitution coronoradiculaire coulée au laboratoire et un ancrage reproduisant l’anatomie interne de la dent.
Je m’interroge sur les techniques adhésives à long terme et au relargage de particules fine dans l’organisme.
L’essentiel est de travailler en fonction de ses convictions et de son expérience et peu importe si les solutions diffèrent.
Au plaisir de vous lire.
Un confrère à l’âge de la retraite heureux de communiquer sur ce site.

Romain CHERON

Merci pour ces remarques Eric, auxquelles j’adhère!
Je reviens juste sur la relation dépulpation/affaiblissement. En réalité, il semblerait qu’on ne sache pas vraiment à quelle hauteur la dévitalisation affablit. Des études ont chercher a évaluer la déshydratation (Dietschi et coll. 2008) l’estimant à 9% pour la dent dépulpée. D’autres ont analysé l’altération de la trame collagénique dans le temps… Mais ces études admettent aussi que cette problématique est multifactorielle et que les résultats sont difficiles à interpréter.
Un exemple de la vie quotidienne du dentiste, serait notamment la fragilité évidente d’une « vieille dent dévitalisée » toute noire (mais pas cariée) qui vous explose à la figure en mille morceaux à la moindre pression du davier! La déshydratation n’est que de 9%, la trame collagénique n’est pas si dénaturée que ça, pourtant la dent explose vraiment d’une manière différente d’une dent vivante… Et ça, même sans recours à la science, on le constate, on le ressent… Et donc on peut aussi ressentir que la science n’a pas encore réussi à tout expliquer.
Ce pendant, je suis très très très d’accord avec toi sur l’affaiblissement et la perte de rigidité que provoquent la préparation.
Mon positionnement SUR LA DENT DEPULPEE tente donc de prendre en compte ces deux paramètres en cherchant la préservation tissulaire et l’adhésion aux structures résiduelles (plutôt qu’une couronne), mais en recouvrant très souvent les cuspides pour les faire travailler en compression plutôt qu’en flexion (sauf s’il me reste une cuspide vraiment robuste sur une dent jeune)(mais attention, cette quasi-systématisation ne concerne que les dents non vitales)

Romain CHERON

Oui Naval je m’interroge aussi sur le relargage de monomères. Cependant mon sentiment c’est qu’on travaille tout de même sur des volumes infimes et qu’à part l’or, toutes les alternatives relarguent quelque chose…Y’a pas de matériau idéal…

François BRONNEC

Merci pour cette très belle illustration clinique d’une réalité quotidienne ! J’aurai deux questions
1) face à un délabrement équivalent sans pathologie pulpaire, quel aurait été ton choix thérapeutique (en terme de forme de préparation)?
2) que penses-tu de la réalisation de la remontée de marge avant l’endo, c.-à-d. s’embêter encore plus en amont pour tout simplifier après ?
Bravo encore ! J’ai hâte de t’entendre en parler et voir en direct comment faire ! Tu as bientôt une date je crois …

Romain CHERON

Salut François! Voici mes réponses:
1) Dans ce cas, j’aurais fait un overlay de toute façon, suivant la même démarche que celle que je décris dans ce cas. En fait, pour résumer, je fais presque pareil sur une dent pulpée ou non pulpée. Ainsi, si la cavité est clairement proximale sur une molaire maxillaire, la robustesse de la cuspide palatine et le fait que cette cuspide travaille « dans son axe » m’amènerait à faire un Onlay. Mais ces situations sont finalement assez rares car elles sont souvent associées à d’autres vieilles restaurations ou lésions sur l’autre face proximale de la dent. Sur une molaire mandibulaire, je recouvre souvent les cuspides linguales, très exposées au risque de fracture. Les cuspides vestibulaires sont beaucoup plus favorables; je les garderai au maximum sur dents pulpées et aurai plus facilement tendance à les recouvrir sur dents dépulpées.
2) Je suis assez à l’aise avec l’isolation rapide au CVI-MAR (sans même utiliser de matrice; c’est la digue qui me guide (non, il n’y a pas de contrepétrie!) et ça me prend 2 minutes). Puis la dépose de ce CVI-MAR est aussi très simple avant de même en oeuvre mon protocole de collage pour la cavité d’accès ET la remontée de marge. Faire la remontée de marge avant l’endo impose 2 protocoles de collage, m’amène à sabler avant l’endo… Bref, ça me prend plus de temps et ça m’embête effectivement beaucoup en amont, sans vraiment me simplifier les choses après! Mais la question se pose effectivement! C’est d’ailleurs parce-que j’ai déjà essayé 2-3 fois que je peux dire que je ne suis pas fan!!
Merci en tout cas pour tes questions et oui, il y a une date! La journée de démo live de la SOP du 19 janvier, au cours de laquelle je ferai la préparation et l’empreinte d’une restauration sur dent dépulpée le matin et le collage de cette restauration l’après-midi. Au cours de cette même journée, Anthony Atlan fera une démo de traitement d’une large tâche d’hypominéralisation de l’émail par technique d’érosion/infiltration (ultraconservatrice), ainsi que de lésions cervicales par du composite.
J’espère t’y voir!

laborde

Super Romain !
Une idée cependant, pourquoi ne pas envoyer après élimination des substances hétérogènes et avant l’endo une procédure adhésive et un composite type bi-acryl pour provisoire? Cela permet de potentialiser une adhésion plus forte à la dentine sans abimer le collagène par d’hypochlorite nécessaire à l’endo et d’assurer la réalisation d’un provisoire.
L’endo peut être différé à une étape suivante….
Bravo pour les qualités de ton post.
Au plaisir de te lire…..

Romain CHERON

Salut Gilles,
Merci pour ton commentaire. Peux-tu juste me préciser pourquoi tu utilises du Bis-Acryl plutôt que du compo conventionnel? Mon ami Cauris Couvrechel (endodontiste) aime, pour des reprises d’endo sur dents couronnées, cureter la carie puis faire une couronne provisoire en Bis-Acryl qu’il colle au RelyX Unicem avant de faire sa cavité d’accès au travers. Est-ce ce genre de protocole dont tu veux parler?
Dans mon protocole, j’ai reconstitué les parois en CVI-MAR avant l’endo, protégeant de l’hypochlorite la dentine marginale. Et il fallait ici parer à l’urgence de la pulpite.
Au plaisir de te lire aussi!
Amitiés

laborde

Romain, merci pour ta réponse!
Evidemment, mon discours ne tenait pas compte de la prise en charge nécessaire de la pulpite
Bis-acryl pour avoir la coté pratique et efficace
– éviter les reconstitution pré endo classique, qui oblige à la dépose avant reconstitution adhésive
– gagner du temps fauteuil
– faire des provisoires avec clé (avant ou suite à Wax-up)
– faire IDS et envoyer composite de façon simple et efficace
– protéger les parois résiduelle par adhésion et recouvrement, si nécessaire
– protéger aussi le collagène de la dentine coronaire interne aux cavités qui jouent de rôle de réservoir à hypochlorite pour l’endo
– rendre efficient des TRTs par cadran ou plus
– restaurer l’occlusion, voir la Dv

En 3 séances le TRT (1 à 2 dents) peut être réalisé, endo comprise. Pour plusieurs dents, l’endo va demandé plus de RDV, avec des dents sécuriser dans un contexte occlusal rétabli
Bien à toi

barbo

Bonjour Gilles ,
quand vous dites procédure adhesive + bis acryl ?
Vous isoler IDS avant de mettre le bis acryl ou vous collez la provisoire en bis acryl ?
Vous dites : éviter les reconstitution pré endo classique, qui oblige à la dépose avant reconstitution adhésive…
Vous utilisez le bis acryl un peu comme substitut dentinaire si je comprend bien ? Comment gerez vous les exces et debordement ?
J’ai tendance à utiliser souvent les compo DUAL pour faire mes remontée de marge et reconstruction pré endo en meme temps , mais l’inconvenient c’est que je peux pas l’utiliser en isomoulage d’un wax up .
Merci d’avance pour l’astuce.
Amitiés

louis

merci pour votre réponse.
je vois que le sujet intéresse beaucoup et en effet il n’y a pas de dogme concernant ce genre de reconstructions.
pour revenir à l’endocouronne, le risque de fracture existe en effet si une céramique trop résistante est utilisée, en utilisant une céramique au module d’élasticité proche de l’email (exemple feldspathique) , et un joint de collage suffisant bien calibré par cfao au niveau du plancher qui joue le rôle d’amortissement des contraintes, il n’y aura pas de fractures, beaucoup de praticiens font ce type de reconstruction avec bon recul clinique et ne constatent pas de fractures si les protocoles sont respectés.
Pour les interfaces, l’étanchéité n’est peut être pas remise en cause mais le protocole opératoire en devient plus complexe et le risque d’erreurs augmente donc, je préfère réaliser un seul collage lors de la pose pour les dents dépulpées.
Dans le cas ci présent on voit que la limite après préparation est supra gingivale et que l’isolation est bonne, quel est alors le but de faire une remontée de marche dans ce cas ?
Que faites vous si la limite se retrouve infra gingivale après le curetage en proximal alors que vous comptiez faire l’empreinte dans la séance :
vous faites une élongation coronaire classique mais délicate en inter proximal dans la séance puis vous differez l’empreinte ? ou simplement au bistouri électrique au risque de ne pas respecter l’espace biologique ou au laser ?
enfin d’un point de vue pratique : pourquoi ne pas placer la digue sur la dent à coller plutôt que de différer celle ci ? et que faites vous si la dent est terminale pour placer la matrice comme vous le faites avec la digue en place.

merci beaucoup pour vos réponses.
bonne journée à vous

Louis

Romain CHERON

Louis, pour répondre à vos questions/remarques:
– Concernant les endocouronnes. Tout à fait d’accord; il n’y a pas de dogme et je ne dis pas que les endocouronnes c’est nul! Face à cette absence de dogme, il faut se rapprocher de l’école à laquelle on est le plus sensible et RESPECTER les protocoles! Après la différence entre les deux se joue probablement à l’épaisseur du trait, sans pouvoir affirmer quelle option est meilleure! (sinon, il ne persisterait pas 2 écoles!!). Je suis d’accord qu’en terme de protocole, mon option est (un peu) plus chronophage mais là encore, ça se joue pas à grand chose surtout en prenant en compte les paramètres que je vais évoquer plus bas.
– Concernant les limites sous gingivales, je gère presque à 100% par relocalisation de marge. L’élongation coronaire est rarissime. En effet, même si ma limite est très sous-gingivale, je peux isoler très profondément avec la matrice circonférentielle (j’ai des cas presque juxta-osseux!). La violation de l’espace biologique qui en résulte ne donne pas lieu à problème, cliniquement. A l’évidence, l’attache conjonctive doit se reformer et ne pourra pas se souder au composite… pourtant l’inflammation en résultant n’est pas vraiment objectivable cliniquement et aboutira progressivement, lentement mais « sainement » vers un léger remaniement du contexte osté-gingival. Ceci n’est pas seulement le reflet de mon expérience; plusieurs articles ont été publiés à ce sujet, remettant en cause le dogme de l’espace biologique en prothèse (Hempton et Dominici 2010, Veneziani et coll. 2010, Lefever et coll. 2012, Dietschi et Spreafico 2015, Spreafico et coll. 2016…).
– Pourquoi j’ai fait une relocalisation de la marge alors qu’elle était déjà supragingivale. En fait pour être précis, elle était « supra-digue ». L’aspect supra ou infra gingival m’intéresse peu; la seule question c’est « est-ce isolable avec une digue? ». Là c’était effectivement le cas mais, toute la partie disto-linguale est « cémentaire » (ou dentinaire si je n’ai plus de cément). Je préfère donc 1000 fois mettre du composite en direct à ce stade avec un total contrôle de l’étanchéité grâce à la matrice et en collant sur de la dentine fraichement coupée. Si je ne l’avais pas fait à ce stade, j’aurais alors eu mon IDS jusqu’au bord, c’est-à-dire une couche d’adhésif un peu épaisse, un peu incontrôlée dont on ne sait pas comment elle se comportera lors du sablage à la séance suivante… A la rigueur j’aurais pu ici me contenter de faire venir un peu de composite flow jusqu’à la limite pour protéger immédiatement la limite avec qqchose d’assez solide. Mais j’ai ma procédure avec l’automatrix… Ceci reprend ainsi le premier point et le fait que, sur dent dépulpée je relocalise presque toujours la marge car je suis en général sur des cavités profondes et donc des marges au minimum dentinaires, au pire carrément sous-gingivales. Du coup le comblement de la cavité d’accès ne me prend que 2 minutes de plus.
– Si je travaille sur une dent terminale, je pose la digue, puis je mets la matrice, puis je retire le clamp, mon assistante tenant la digue avec l’index en lingual et vestibulaire, je pousse ma matrice en position, je la serre avec la clé, puis je remets le clamp en appui sur l’automatrix, et mon assistante lâche! Si trop galère; je retire la digue (avec un coton de chlorex dans la cavité d’accès), je pose ma matrice, puis je clampe et je pose la digue.
– Si limite très sous-gingivale, de même il peut m’arriver de poser d’abord la matrice, puis de passer la digue autour.
Je vais voir si je peux poster un cas illustrant bien ça, sur IDWeblog ou sur ma Page Facebook.

Bonne journée!

louis

merci encore pour ces réponses qui m’ont éclairées.
C’est bien d’avoir plusieurs avis sur le sujet.
En parlant de l’ids quel serai alors l’intérêt si on ne rajoute pas de composite sur une dent dépulpée en sachant que l’on va de toute façon refaire toute la procédure de collage ? simplement pour protéger du risque de percolation bactérienne ? Je dois faire une erreur mais je ne réalise un IDS que lorsque la dent est vitale pour protéger les odontoblastes.
Pour la marge,
J’ai toujours trouvé difficile de placer un champ et une matrice sur une dent terminale, l’un gênant la mise en place de l’autre et inversement. En effet l’auto matrix semble pratique pour ce point car elle ne prend pas de place.

eric

L’IDS sert aussi à augmenter les forces d’adhésion finales de la restauration. Le collagène n’a pas le temps de s’effondrer ou d’être tasser pas un provisoire.

eric

En ce qui concerne la violation de l’espace biologique, la carie se charge, toute seule, de recréer l’espace biologique.

Romain CHERON

Les intérêts de l’IDS, Louis… Il y en a beaucoup!
Pour faire concis, j’en mettrai 3 en avant:
– Augmenter lnettement a force d’adhésion. Il a bien été montré (notamment par Magne) que l’on collait beaucoup mieux sur de la dentine « fraichement coupée ». Si tu ne fais pas l’IDS, 1 semaine plus tard, la dentine est contaminée (même si tu as fait un provisoire étanche (ce qui est rarement le cas pour un onlay ou un overlay…)) et ton protocole adhésif est moins performant.
– Permettre de mieux uniformiser les épaisseurs de ta future pièce prothétique. On sait que les grandes différences d’épaisseurs initient des stress au sein de la céramique et donc des risques de fracture accrus.
– Permettre de coller avec du composite de restauration, chauffé. Celui-ci n’étant que photopolymérisable, je sais que le taux de polymérisation sera un peu moins optimum en profondeur… Il est donc nécessaire d’avoir une barrière parfaitement polymérisée; l’IDS, avec un peu de flow éventuellement.

Romain CHERON

Eric, tu voulais peut-être dire que la « nature » allait recréer spontanément l’espace biologique. C’est vrai, mais en plus ça se passe de manière douce, sans inflammation cliniquement perceptible (à la différence d’un joint prothétique céramo-métallique scellé)

eric

Non, je parlais bien de la carie. A l’endroit, où il est nécessaire de faire une remontée de marge; c’est , sauf quand il y a eu une fracture, parce qu’une carie a PROGRESSIVEMENT détruit de la matière dentaire ET l’attache épithélio-conjonctive. Comme c’est un processus assez lent, le remaniement ponctuel de l’espace biologique est déjà fait. Du coup, on remonte la marge PONCTUELLEMENT. Sur le reste de la périphérie, l’espace biologique est normal. Ce n’est pas le cas avec un scellement et une préparation en congé ou quart de rond, où on va « élargir  » le défaut en vestibulaire et lingual. Qui plus est, en collant , on maîtrise le joint ( digue , matrice qui donne un aspect particulièrement lisse au mur interproximal et un grand degré de pymérisation) alors que pour un scellement , si on a pas recréée un espace biologique , il est beaucoup plus dur de gérer ce joint.

eric

Ah oui, j’oubliais. Tes photos sont magnifiques. Je suis très jaloux !

Pourquoi as tu fait un petit « trou » au centre de ta face occlusale ? C’est un artefact ? ou c’est volontaire ?

Romain CHERON

Ok Eric! Je suis d’accord avec toi sur tous les points! Au détail près que parfois, je me retrouve vraiment très très près de l’os et qu’à l’évidence je viole l’espace biologique (peut-être parce que je lisse bien la marge pour niveler le tout et ne pas avoir une marge en zig zag, comme pourait le dicter la carie). Mais bref, je suis d’accord sur tout!
Concernant le petit trou, c’est volontaire et systématique pour les overlays; il s’agit d’une encoche pour aider à un repositionnement univoque de la pièce. J’ai commencé à le faire surtout à la demande de mes prothésistes (Asselin Bonichon et Yann Tarot). Parfois, je fais 2 spots, d’autres fois une encoche… ça dépend de la place que j’ai dans mon IDS/Compo Flow, car je ne dois pas toucher la dentine sous-jacente! Je le fais donc à l’endroit ou mon compo est le plus épais.

louis

D’accord donc il vaut mieux coller sur un composite qui date d’une semaine plutôt que sur de la dentine coupée une semaine avant, même si on fait un sablage mordançage etc ?
Le problème est résolu si l’on travaille par cfao car la pièce est réalisée dans la séance.
je sais que l’on déborde un peu mais le sujet m’intéresse beaucoup
T’arrive t’il encore de faire des restaurations coulées pour des molaires dépulpées , ou sont pour toi les limites du collage ? (je parle RMIPP ou overlay comme ici) , et enfin que fais tu sur des prémolaires notamment maxillaires qui ont un collet très étranglé ce qui provoque souvent une perte de substance très importante après réalisation de la cavité d’accès. On sait que le risque de fracture est important pour ce type de dents et les 2Mm de céramique nécessaire rendent les réalisations collées plus difficiles.

Romain CHERON

A ta première question Louis, oui, définitivement.
Impossible d’avoir un décollement entre ton ids/flow et ton composite de collage.
Possible d’avoir un décollement sur une dentine coupée 1 semaine avant, même avec sablage.
J’aurai du mal à te répondre pour les autres questions de manière rigoureuse. Disons en moyenne que si la dent n’est pas couronnée lorsque je reçois le patient, je pourrai coller un onlay ou overlay dans 95% des cas .
Pour les PM, étranglées ou pas, je fais pareil que sur ce cas. Je sais que je serai toujours moins délabrant en restauration collée qu’en scellé conventionnel.

barbo

Bonjour. Merci pour ce super post. Je tombe dessus un peu après le débats.
J espère pas être hors sujet mais j’ai pas du tout saisis la technique de Gilles Laborde bien que j en conçois les avantages.
Si je comprend bien on peux coller du compo bisacryl par automoulage mais après faut tout redeposer ou on se contente de préparer un overlay ?
D un point de vue mécanique c’est comparable à un composite se restauration ou à un dual cure classique ?
Si gilles laborde avais le temps de préciser sa technique ce serais top top 😅

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