Naviguer / Chercher

Endodontie et Endocardite Infectieuse, où en sommes-nous ?

Prescription des antibiotiques en pratique bucco-dentaire
Prescription des antibiotiques
en pratique bucco-dentaire
La pratique de l’endodontie peut parfois se heurter à des contre-indications médicales. Ce peut être notamment le cas chez un patient un patient présentant un risque d’Endocardite Infectieuse (EI).

Quels sont alors les critères médicaux et techniques à prendre en considération ? Quelle est la conduite à tenir concernant l’antibioprophylaxie ?
La cavité buccale est considérée depuis de nombreuses années comme une porte d’entrée principale de nombreuses infections dites focales, notamment cardiaques. Cependant, à ce jour, les répercussions infectieuses cardiaques des procédures endodontiques ne sont toujours pas scientifiquement établies et de nouvelles recherches cliniques restent nécessaires pour étayer cette hypothèse (1).

Quels sont les critères médicaux à prendre en considération?

L’endodontie chez les patients porteurs d’une pathologie cardiaque est tout à fait réalisable dans la grande majorité des cas. L’endodontie est actuellement restreinte chez les seuls patients à haut risque d’EI, c’est à dire chez les patients présentant certaines cardiopathies congénitales cyanogènes, les porteurs de valve prothétique et les patients avec antécédent d’EI. Ceci constitue en 2011 une évolution des anciennes recommandations de 2002 (2).

Quels sont les critères techniques à prendre en considération?

Chez les patients à haut risque d’EI, les soins endodontiques sont subordonnés à plusieurs conditions techniques. Ils ne peuvent être réalisés qu’après vérification de la vitalité pulpaire par des tests adéquats, sous digue, en une seule séance, en étant sûr que la totalité de la lumière canalaire est accessible. Ce traitement doit donc être réservé aux dents monoradiculées et, à la rigueur, à la première prémolaire si les deux canaux sont accessibles. Chez ces patients à haut risque d’EI, les traitements endodontiques des dents à pulpe non vivante, y compris les retraitements endodontiques sont contre-indiqués ainsi que les traitements endodontiques des dents à pulpe vivante nécessitant plusieurs séances ou sans champ opératoire étanche (2).

Quelle est la conduite tenir concernant l’antibioprophylaxie de l’EI?

A l’exception des patients à haut risque d’EI, une prescription antibioprophylactique n’est plus légitime dans ce cadre. Chez ces patients à haut risque d’EI, le schéma d’administration préconisé par voie orale chez l’adulte est le suivant : 2 g d’amoxicilline dans l’heure qui précède le geste à risque (50 mg/kg chez l’enfant) ou, en cas d’allergie aux pénicillines, 600 mg de clindamycine (20 mg/kg chez l’enfant).
Certaines précautions d’ordre plus général sont primordiales dans la prévention de l’EI en pratique bucco-dentaire. Les précautions d’asepsie locale, en particulier la désinfection buccale à l’aide d’un antiseptique local (type chlorhexidine à usage oral) et la pose du champ opératoire étanche (digue), restent les moyens les plus appropriés pour diminuer tout risque de bactériémie. Il apparaît aussi qu’une bonne hygiène bucco-dentaire et un suivi régulier sont des éléments majeurs de réduction de la prévalence de l’endocardite infectieuse. Dès lors l’éducation à l’hygiène orale et son contrôle doivent être entrepris et répétés chez les patients à haut risque d’EI. Le suivi doit être bisannuel chez ces patients (2). L’information du patient, tant pour les décisions thérapeutiques que pour le suivi à instituer, reste un élément primordial de prévention. Afin de préciser la ou les pathologies, le contact systématique avec le médecin référent et/ou le cardiologue est indispensable.

  • Selon vous, en cas de pulpite irréversible chez un patient atteint d’une insuffisance mitrale, une antibioprophylaxie est-elle nécessaire ?
  • L’évolution des recommandations a-t-elle étendu les indications de traitements endodontiques chez les patients à haut risque d’EI ?

Commentaires

eric

Insuffisance mitrale donc risque modéré.
Qui plus est , c’est une pulpite. La pulpe est donc vivante. Inutile de mettre ne place une antibioprophylaxie.

En ce qui concerne la deuxième question, j’aurais tendance à dire que oui, les indications endodontiques se sont élargies avec les nouvelles recommandations. Auparavant, on extrayait à tour de bras toute dent nécessistant un traitement endodontique.

Laisser un commentaire