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Combien de temps met une lésion apicale à guérir ?

Une question récurrente des patients lorsqu’on leur annonce qu’une dent doit être traitée (ou retraitée) endodontiquement avant d’être restaurée est : « n’est-il pas plus prudent d’attendre d’être sûr que cela guérisse avant de faire la couronne ? »
Cette question est franche mais mérite d’être reformulée en des termes compréhensibles par les patients : qu’espère t-on en réalisant un traitement endodontique d’une dent devant recevoir une restauration prothétique unitaire ?
La réponse est : santé et fonction.
Si l’on retient que la majorité des traitements est censée aboutir à un succès, et que la principale cause de perte dentaire après traitement endodontique n’est pas l’échec endodontique mais consécutive à une fracture dentaire ou une récidive carieuse (Chen et al. in J Endod 2008, Ng et al. in Int Endod J 2011), il n’existe pas de justification médicale à sursoir à la restauration prothétique immédiate d’une dent après traitement endodontique sauf à risquer la perte de la dent pour les raisons invoquées ou l’échec endodontique différé par percolation coronaire …
Seules la moitié des lésions qui à terme guériront (complètement) montrent des signes de guérison au bout d’un an. Pour obtenir une prédictibilité supérieure à 80%, il faut attendre 4 ans. Les échecs s’observent quant à eux dès la première année pour les dents initialement indemnes de lésion (Orstavik in Int Endo J. 1996).
Attendre trois ou six mois n’a donc aucun sens suite à un traitement initial, et encore moins dans le cadre d’un retraitement d’une dent présentant une lésion ancienne, pour celle-ci le délais de cicatrisation est parfois beaucoup long (Fristad et al. in Int Endod J 2004).
Pour revenir à la question légitime du patient, il est indispensable d’établir une relation de confiance avec le patient basé sur sa compréhension des facteurs qui concourent au succès des thérapeutiques proposés et aux conséquences d’un éventuel échec (Salehrabi & Rotstein in J Endod. 2010). La restauration coronaire de la dent dépulpée doit intervenir dans les meilleurs délais et donc sans attendre.

Commentaires

Excellent post qui tord le cou à une croyance fort répandue.
Peut-on néanmoins imaginer, malgré tout, de sceller l’espace canalaire au moyen d’une reconstitution corono-radicualaire étanche surmontée d’une prothèse transitoire parfaitement ajustée de façon à laisser la dent « sous observation » pendant une courte période (4 à 6 semaines) dans l’hypothèse où le retraitement endodontique aurait provoqué une rupture brutale de l’équilibre bactéries-défenses immunitaires et déboucherait sur une flambée infectieuse?
Se pose souvent le problème de la réticence du patient à investir dans une prothèse tant que les symptômes n’ont pas complètement disparus. Je pense notamment à une éventuelle desmodontite post-endodontique.

François BRONNEC

La réalisation d’une obturation coronaire ou d’une reconstitution corono-radiculaire étanche doit en effet succéder au traitement endodontique sans délais, la temporisation prothétique peut être envisagée avec le patient de façon à programmer les séances nécessaires à la conception/confection prothétique.
La littérature n’est pas claire sur la valeur pronostique éventuellement négative des douleurs post-opératoires sur l’issue du traitement (l’origine infectieuse ou purement inflammatoire des flambées étant difficile à apprécier cliniquement), il est donc nécessaire d’informer le patient des risques de complications post-endodontiques immédiate (douleur post-op) et différée (échec thérapeutique), et d’instaurer un suivi clinique et radiographique sur au moins un an.
La temporisation à but d’observation doit donc être « vigilante » et réservée aux cas à pronostic réservé, notamment ceux pour lesquels un complément chirurgical ne peut être envisagé …

verpeaux

Bonjour, personnellement je réalise beaucoup de reprises de traitements. Sauf cas exceptionnel j’obture dans la séance et si une lésion apicale éxiste je cherche à obtenir un dépassement de pâte dans celle çi en la poussant avec le thermafill. ( pâte naturelle oxyde de zinc et huile essentielle de girofle)
L’évolution favorable de la lésion est ainsi suivie par la résorption de la pâte au fil des mois.
Les réactivations infectieuses surviennent effectivement souvent, mais j’avertis le patient du risque encouru et si besoin je le place sous antibiotique . Ainsi pris de façon précoce son action est très efficace.

François BRONNEC

La technique décrite dans cette animation commerciale a effectivement fait l’objet d’une publication scientifique,
il s’agit d’un dispositif permettant de désorganiser par mixage le tissu de granulation présent dans une lésion périapicale.
Ce système impose de surpréparer le foramen apical ce qui risque d’entrainer une altération de sa géométrie et expose ensuite à une surextension de l’obturation avec une difficulté de scellement. Le deuxième problème est la réalisation d’un acte chirurgical à l’aveugle notamment dans le cas de lésion proche d’éléments anatomiques tels que le canal du nerf alvéolaire inférieur ou le sinus. La limite de ce système est la présence d’une courbure apicale empêchant la mise en place du dispositif, et le fait que les lésions d’origine endodontique ne sont pas toutes situées apicalement mais peuvent exister à tout niveau du système d’attache …
Bref, l’Apexum bien que séduisant sur une animation n’a pas eu le succès escompté !

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