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Antibiotique

L’organisation mondiale de la santé organisait il y a quelques jours la semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques. Le message a été faiblement relayé par les différentes sociétés scientifiques, ce qui est regrettable quand on sait que notre spécialité est responsable d’environ 10% des prescriptions d’antibiotiques.
On ne pourra donc que féliciter l’initiative du Pr S. Simon sur son blog, reprise également par la Société Française d’Endodontie.

On constate en effet que le recours systématique aux antibiotiques, ou mal indiqué, demeure une habitude ancrée dans les pratiques professionnelles des chirurgiens-dentistes, malgré l’actualisation récente des recommandations de bonne pratique par l’ANSM.
Les « spécialistes » n’échappent pas à la critique continuant à prescrire ces molécules hors indication, soit par convenance personnelle soit sous la pression de leurs patients (Germack M. et al).
Il est donc utile de répéter que la prescription d’antibiotique par voie orale n’est pas indiquée en endodontie dans la plupart des cas, y compris face à une complication infectieuse de la nécrose pulpaire (Segura-Egea JJ. et al).

Elle devrait être strictement réservée aux situations cliniques d’infection en voie d’extension ou à risque de sur-infection :

  • abcès alvéolaire aigu chez un patient à risque de sur-infection,
  • abcès alvéolaire aigu accompagné de signes généraux (température >38°C, adénopathie, malaise, trismus),
  • infection en voie d’extension (cellulite ou ostéomyélite), avec notion de d’évolution rapide,
  • réimplantation d’une dent permanente expulsée,
  • gestion d’un traumatisme dento-alvéolaire nécessitant des sutures.

La prescription d’antibiotique est donc contre-indiquée dans les situations suivantes :

  • pulpite aiguë irréversible avec ou sans parodontite apicale aiguë,
  • nécrose pulpaire avec ou sans parodontite apicale aiguë,
  • abcès alvéolaire chronique (fistulisation muqueuse ou parodontale),
  • abcès alvéolaire aigu (tuméfaction intra-orale localisée et fluctuante), en l’absence de signes généraux ou de risque d’évolution régional.

La preuve de l’inefficacité de l’antibiothérapie préventive ou curative dans la survenue/gestion de complication infectieuse de la nécrose pulpaire est avérée à condition de réaliser le bon geste opératoire au bon moment.

  • Êtiez-vous au courant de cette campagne de l’OMS ?
  • Que vous inspire t-elle ?

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