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Recoller un fragment fracturé ?

Un jeune patient (20 ans) se présente à la consultation, en urgence, suite à un accident sur la 11. Nous constatons une fracture amélo-dentinaire sans exposition pulpaire. Les tests de vitalité sur la 11 et les dents environnantes sont tous positifs. En face d’un tel traumatisme, l’hybridation dentaire est le meilleur pansement que l’on puisse appliquer.

Le patient a pu conserver le morceau fracturé (Fig3 et 4). Il nous apparait que l’option la plus favorable de traitement est d’envisager simplement de coller la pièce retrouvée.
A l’essayage, le fragment s’adapte parfaitement à la dent fracturée (Fig5 et 6).

Avant de démarrer la procédure de collage, le fragment est plongé dans du sérum physiologique et décontaminé avec de la chlorhexidine à 0,2%. Pendant ce temps, nous procédons à l’anesthésie locale de la 11 et mettons en place un champ opératoire individuel (Fig7). Le fragment est posé sur un Optrastick (Ivoclar Vivadent) pour être manipulé plus aisément (Fig8).

  • 1ère étape de la procédure de collage (Fig9 et 10), acide orthophosphorique à 37% sur la dent et le morceau fracturé. Les 2 sont ensuite abondemment rincés, séchés et réhydratés avec une solution de chlorhexidine aqueuse stérile à 0,2% (wet bonding).
  • Application sur la partie fracturée de la dent et sur le fragment du primer en plusieurs couches, étalé soigneusement à l’air pour éliminer le solvant et de l’adhésif traité de la même façon et photopolymérisé 40 secondes (All Bond 2 Bisico) (Fig 11 et 12).
  • Pour encoller le fragment, nous avons utilisé un composite réchauffé à 50°c, soigneusement photpolymérisé avec un programme progressif (Enamel Plus Hri UD2 et Ena Heat Bisico / Bluephase 20i mode soft ivoclar vivadent) ( Fig 13).

Situation post opératoire immédiate après élimination des excès de composite,finition et polissage (Fig14).

Fig14 : Situation post-opératoire immédiate
Fig14 : Situation post-opératoire immédiate

Situation 1 semaine plus tard, la dent s’est réhydratée, la gencive a cicatrisé. On distingue légèrement le trait de fracture. Les test de vitalité sont toujours positifs, le patient ne nous signale aucun signe clinique douloureux (Fig15 et 16).

Comparaison des situations pré et post opératoires :

Il conviendra de réaliser un suivi régulier de la vitalité pulpaire. Le collage du fragment nous apparait comme la meilleure solution possible de restauration, en effet quoi de mieux que la dent naturelle.

  1. Faut-il préparer la dent et le fragment avant de les recoller?
  2. Est-il nécessaire de réhydrater le fragment avant son collage?

Commentaires

naval

Aucune expérience, d’où l’intérêt de la lecture et de suivre les réponses.
Il serait intéressant de connaitre le pronostic à long terme sur 6 mois, 1 an, 2 ans, 5 ans… 10 ans !
Compliments

yevninemichel

j’utilise cette méthode depuis de nombreuses années, effectivement la seule préparation chimique donne d’excellents résultats je dois même en avoir qui sont en place depuis plus de dix ans. merci pour ce petit rappel technique qui fait souvent des heureux chez le patient voir les parents.
ps, la méthode peut éventuellement fonctionner avec un composite flow

poulain

le fait de polymériser l’adhésif avant d’appliquer le fragment peut faire perdre le repositionnement de celui ci

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