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L’adhésion au secours de l’implantologie

Le cas clinique d’une patiente de 37 ans a été présenté et discuté par le Dr Thierry Degorce dans sa rubrique d’implantologie esthétique pour comprendre les raisons de l’échec.

Voici la suite qui a été donnée au traitement :

  • les implants en site 12 et 22, prothétiquement irrécupérables ont été déposés (Dr Thierry Degorce) et une PAP provisoire a été mise en place à l’issue de cette étape. Puis un court temps orthodontique (Dr Frédéric Bonnin) a été réalisé par pour optimiser la largeur des couloirs osseux dans l’optique initiale de replacer des implants.
  • Mais après la période de cicatrisation des sites, la patiente nous fait part de son souhait de renoncer à la thérapeutique implantaire pour remplacer ses incisives latérales maxillaires. La durée, la complexité du traitement, les réminiscences de l’échec passé, les risques et des raisons personnelles la poussent à réfléchir à une solution alternative.
  • Notre choix se porte alors sur une restauration adhésive en céramique pressée (E-max – Ivoclar Vivadent®) : 2 bridges cantilevers à une seule ailette en appui sur la face palatine de chacune des incisives centrales. Cette solution apporte le confort d’une solution fixée et répond aux impératifs de préservation tissulaire maximale des dents supports.
  • Les préparations sont limitées à l’émail des faces palatines et proximales et sont donc réalisées sans anesthésie. On trace un congé cervical de 6 à 8/10eme de mm qui se prolonge en une corniche occlusale. Une boite de connexion oblique est réalisée en regard de l’édentement de manière assurer une plus grande épaisseur de céramique dans cette zone de fragilité. Enfin, un macro-puit de rétention et de stabilisation est placé à l’opposé de l’édentement.
  • Puis une empreinte aux silicones en double-mélange est effectuée. Une empreinte de l’arcade antagoniste est réalisée en alginate et un enregistrement de la position d’OIM est effectué. Le transfert des données esthétiques pour cette patiente a nécessité, en raison de l’inclinaison du milieu interincisif vers le haut et la gauche, d’enregistrer les axes de référence vertical et horizontal du visage de la patiente. L’utilisation du Kois Dento-Facial Analyser et de l’articulateur Panadent a permis d’éviter une erreur d’orientation du modèle maxillaire dans le plan frontal lors du montage.
  • Les instructions de réalisation, les relevés de teinte et les changements souhaités par la patiente relativement au rendu esthétique de la PAP provisoire sont fournis par photographie numérique au laboratoire. Les dents préparées sont laissées en l’état jusqu’à la séance de pose.
  • Au retour du laboratoire, les pièces prothétiques sont contrôlées et une attention particulière est apportée à l’épaisseur des connexions.
  • L’assemblage est réalisé sous digue, après traitement des surfaces dentaires et céramiques. La colle utilisée est le Multilink – Ivoclar Vivadent®
  • Le résultat esthétique satisfait pleinement la patiente. Celle-ci est d’autant plus heureuse que seulement deux séances de traitement ont été nécessaires à la réalisation, ce qui a permis d’éviter les désagréments d’un traitement implanto-prothétique difficile et risqué dans son cas.

Pensez-vous que ce type de traitement soit préférable à un traitement implantaire ?
Pensez-vous que le résultat soit durable dans le temps ?
Pensez-vous pouvoir l’appliquer dans votre cabinet ?
Réalisation de laboratoire : Karine Lhumeau – Laboratoire CéramFixe – St Avertin.

Commentaires

eric

Smillingman.
Parce que justement c’est le secret de la longévité de ce système. Le bridge ne bouge qu’avec UNE seule dent. Il n’y a pas l’effet de « torsion » que l’on peut avoir avec deux appuis.

smillingman

Merci pour cette réponse, peux tu nous donner les références biblio ?
Confraternellement.

laborde

La situation clinique démontre que les surfaces adhésives pouvaient être plus étendues, plus stabilisantes avec des connections augmentées:
– plus hautes jusqu’au bord libre (voir photo 04 avec surplomb);
– plus élargies en bordure de la ligne de visibilté distale et en limite des points de contact au dela de la ligne de transit ion palatine.
Autre remarque, la face interdentaire mésiale des inters et les faces proximales distales des piliers auraient pu être traiter pour une plus grande rétention adhésive.

Guillaume GARDON-MOLLARD

Bonjour à tous et merci pour vos commentaires.
Voici un peu de biblio pour smilingman :
– Kern M, Sasse M. Ten-year survival of anterior all-ceramic resin-bonded fixed dental prosthesis. J Adhes Dent 2011, 13(5); 407-10
– Kern M. Clinical long-term survival of two-retainer and single retainer all-ceramic resin-bonded fixed partial dentures. Quintessence Int, 2005, 36(2) :141-7
– van Dalen A, Feilzer AJ, Kleverlaan CJ. A literature review of two-unit cantilevered FPD’s. Int J Prosthodont 2004, 17(3): 281-4.

Je retiens les remarques et les propositions de laborde. Nous manquons d’un consensus pour ce type de préparations. Auriez-vous des images pour nous permettre de bien comprendre vos propositions? Je précise que les faces distales des centrales ont été préparées au moyen de « boites » proximales qui permettent d’assurer l’épaisseur des connexions. L’ensemble des préparations se situent dans l’émail. Les forces d’adhésion avec la vitrocéramique sont donc extrêmement favorables à la rétention (sous réserve d’une mise en oeuvre correcte de la procédure de collage).

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