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Esthétique et fonction : une relation étroite #2

Le plan de traitement que nous proposons au cas présenté précédemment est le suivant :

  • recherche d’une nouvelle occlusion
  • restauration du sourire

Les étapes de traitement sont :

  • recherche de la nouvelle position mandibulaire
  • étude esthétique pour connaitre la position des bords libres des futures restaurations
  • réalisation d’un mock-up pour valider l’esthétique et la fonction
  • préparation des dents sur le mock-up pour une dentisterie à minima. On travaillera en double facettes pour les dents antérieures afin de mutiler les dents le moins possible et ne pas toucher au point de contact
  • collage des éléments céramiques postérieurs et antérieur vestibulaire
  • collage des facettes palatines en composite
  • Nous décidons avec le patient de ne traiter que le maxillaire.

La recherche de la nouvelle occlusion doit intégrer les points clefs suivants :

  • les muscles doivent être dans un état de relaxation maximum
  • les articulations temporo-mandibulaires doivent être centrées
  • les contacts dento-dentaires doivent permettre le centrage, calage, guidage
  • la position occlusale doit être reproductible

Pour nous aider, nous utilisons le système K7 (électromyographie, kinésiographe).

  1. Lorsque nous modifions l’occlusion d’un patient, doit-il obligatoirement porter une gouttière?
  2. Pouvons-nous gérer l’esthétique et la fonction en même temps dans une phase de test réversible?

Commentaires

Plus qu’une nouvelle occlusion ,c’est une position de référence valide qui doit être recherchée , après une thérapie de relaxation pour obtenir une position mandibulaire détendue . Cela passe obligatoirement par une gouttière de reconditionnement neuro-musculaire,( Pas n’importe quelle gouttière) .Lorsque la mandibule est détendue la relation intermaxillaire peut être enregistrée pour réaliser un montage en articulateur ( avec arc facial ) et observer les éventuels dérapages ou un décalage ORC OIM important. c’est le respect du principe de non invasivité qui doit prévaloir et qui arbitrera la quantité et le choix des éléments restaurateurs.

François UNGER

Franchement quand je lis, comme la dernière affirmation de ce post que:
« la position occlusale doit être reproductible » je me dis qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour que les chirurgiens dentistes puissent s’entendre. C’est la position mandibulaire qui doit être reproductible. D’ailleurs c’est elle seule qui nous intéresse. Tout le reste n’est que la travail du prothésiste. L’occlusion c’est le prothésiste qui y travaille. Nous nous travaillons à la position mandibulaire, en privilégiant le respect de ses fonctions, de sa santé, de son confort. Cessons de parler d’occlusion quand on parle de position mandibulaire. c’est un contre sens lourd de conséquence, qui inverse les notion de cause et d’effet: l’occlusion n’est qu’un des paramètres qui gèrent la position mandibulaire et c’est le plus facile à explorer, modifier, adapter. Occupons nous du seul vrai problème de l’occlusodontologie: comment faire en sorte que les contacts dento-dentaires soient en harmonie avec les fonctions mandibulaires. Encore une fois: c’est la mandibule qui nous intéresse (et encore dans son contexte global).
Pour en revenir aux questions posées:
1- Lorsque nous modifions l’occlusion d’un patient, doit-il obligatoirement porter une gouttière?
Pratiquement toute intervention dentaire modifie l’occlusion d’un patient. faut-il faire une gouttière à tous nos patients, Non bien sûr. Encore une fois la question est mal posée et entretient la confusion. Elle devrait être: « Lorsque nous modifions la position mandibulaire d’un patient… ». et là la question prend du sens. Car, si nous modifions la position mandibulaire d’un patient c’est que nous avons réfléchi à la raison pour laquelle nous voulons modifier cette position. Alors, en fonctions des raisons qui nous amènent à vouloir modifier la position mandibulaire d’un patient, il y a des cas qui nécessitent une orthèse et d’autres qui n’en ont pas besoin. Il est important de distinguer ces cas. Un article paru dans l’ID il y a un an avait évoqué ce sujet (avec bien des approximations) et il est crucial. Nous y reviendrons dans le blog Occlusion et DAMs: Pour quelles raisons est-il légitime de modifier la position mandibulaire d’un patient, et quels sont les rôles attendus d’une orthèse pour nous y aider? Merci à Cyril Gaillard d’avoir introduit cette question à travers un cas clinique.

Pouvons-nous gérer l’esthétique et la fonction en même temps dans une phase de test réversible?
Bien entendu il n’est pas envisageable de ne pas traiter simultanément l’esthétique et la fonction. Vouloir faire l’un sans l’autre c’est aller à l’échec.

bargeo

Une toute petite remarque qui n’est peut-être pas inutile :
en lieu et place de « Les muscles doivent être en état de relaxation maximum  » je remplacerais maximum par isotonique.

laborde

Bien entendu François à raison, l’occlusion est unanime lorsque l’on s’intéresse aux caractères généraux le l’OIM ( que l’on peux résumer par les vocables, centrage, calage et guidage pour faire court et Faire plaisir aux marseillais, LOL!). En effet, seuls des détails non significatifs différentient les écoles occluso-prothétiques et occluso-orthodontiques, Sauf la positon mandibulaire et la façon de l’obtenir est à définir pour finaliser l’OIM. Pourtant cette position est le seul moyen de retrouver ou conserver le santé orale, esthétique fonction et pérennité.
A contrario, si l’occlusion est une affaire de prothésiste, tous les chemins de la mastication et du retour vers l’OIM pour la déglutition est une affaire de guidage dentaire que le praticien doit finaliser en bouche pour faciliter l’économie d’énergie neuro-musculaire et faciliter les fonctions occlusales.

En effet les vrais questions sont :
– Quelle(s) est(sont) la(ou les) position(s) de référence mandibulaire pour la réhabilitation des fonctions occlusales ?
– Comment choisir la (ou les) position(s) thérapeutique(s) pour rétablir l’OIM ?
– Existe t-il un (ou des) protocole(s) clinique(s),simple(s), efficace(s) et efficient(s), fiables pour le plus grand nombre (patients) , par le plus grand nombre (Praticiens) ??????????

François UNGER

Merci Gilles de ce commentaire.
Tes questions sont celles qui doivent guider toute intervention dentaire, a fortiori quand elle est extensive (grande restauration, ODF). Elles appellent des développements importants, argumentés et je proposerai à partir de septembre des posts pour tenter de répondre. En visant comme tu le souhaites le plus grand nombre de praticiens.
Il est difficile d’avancer sur ces questions sans tomber dans le piège de la recette de cuisine personnelle ou dans celui de l’ésotérisme non clinique. J’ai quelques idées et je les proposerai.
François

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