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Ulcérations : un défi diagnostique et thérapeutique #1

Présentation du cas clinique

Un patient de 12 ans sans antécédent médical, a consulté pour des aphtes depuis 3 ans. Il décrivait une poussée tous les 15 jours. Les lésions avaient une durée d’une dizaine de jours et ont toujours été localisées sur la muqueuse buccale. Il ne relatait aucun épisode d’hyperthermie au cours des poussées et ne présentait pas d’altération de l’état général. Son développement staturo-pondéral était dans la moyenne. L’utilisation de topiques (bains de bouche à la chlorhexidine, acide hyaluronique) n’a rien changé. L’examen clinique révélait une ulcération de la partie muqueuse de la lèvre inférieure. Cette ulcération mesurait moins de 1 cm de diamètre. Elle était entourée d’un liseré érythémateux. La palpation de la lésion ne révélait pas d’induration. La palpation des aires ganglionnaires cervico-faciales ne révélait pas d’adénopathie.

Hypothèse diagnostique

L’hypothèse diagnostique est une ulcération de nature inflammatoire. Il n’y a pas d’argument en faveur :

  • d’une tumeur, car il n’y a pas d’induration, de tuméfaction et il existait des lésions multiples qui cicatrisaient et récidivaient à un autre endroit,
  • d’une infection car il n’y avait pas d’hyperthermie, d’adénopathie,
  • d’une cause traumatique car il n’y avait pas de facteur traumatique,
  • d’une cause médicamenteuse, car il n’y avait pas de traitement en cours.

L’hypothèse d’une aphtose est la plus probable compte tenu que l’ulcération est compatible avec un aphte (ulcération et érythème périphérique, cicatrisation en une dizaine de jours, localisation sur la muqueuse non kératinisée).

Conduite à tenir

Sur le plan diagnostique : il faut prescrire un hémogramme notamment pour rechercher une neutropénie et un dosage de la ferritine, de la VS, des vitamines B9 et B12. Une maladie de Behcet ou une maladie chronique inflammatoire de l’intestin ne sont pas suspectées car il n’y a pas de signe clinique en faveur de ces maladies.
Sur le plan thérapeutique : il faut prescrire de la colchicine 1 mg une fois par jour pendant 3 mois et du clobétasol en crème à appliquer 3 fois par jour sur les lésions pendant 2 à 3 jours. La toxicité de la colchicine doit être évaluée sur le plan clinique et biologique (hémogramme et fonctions hépatiques et rénales à réaliser après un mois de traitement).

Résultats

Un traitement par colchicine a été prescrit pendant 1 an puis arrêté car le patient n’a plus eu d’aphtes après 6 mois de traitement.

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