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Fausse gencive maxillaire subie en implantologie : un préjudice définitif ? #1

La fausse-gencive en prothèse supra-implantaire est, en cas d’atrophie crestale verticale et en l’absence de reconstruction préalable par ROG ou greffe, un compromis plus ou moins accepté par le patient à condition de lui en avoir présenté les possibles inconvénients avant la mise en route du traitement implantaire. Outre la gêne fonctionnelle parfois constituée par les difficultés de maintenance, la gêne esthétique peut se transformer en un véritable préjudice en cas de sourire gingival.

Pour animer ce second forum de discussion de l’ID consacré à la place de la chirurgie maxillo-faciale en implantologie, nous présentons un premier cas clinique emblématique en raison du caractère stéréotypé du préjudice esthétique.

Cas 1 : Me H. âgée de 42ans, porteuse d’une prothèse implanto-portée en 21 et 22 vient consulter pour une gêne esthétique qui se démasque au cours du sourire.

L’examen clinique endobuccal met en évidence une fausse-gencive en céramique sur une prothèse scellée sur des faux-moignons angulés en lieu et place de 21 et 22 (Fig 1). Malgré un choix de teinte relativement équilibré, le décalage de la ligne gingivale est franc notamment en raison de l’ombre engendrée par le surplomb prothétique et la vision par transparence du col implantaire en 21.

Sur le plan parodontal des papilles discrètement œdématiées et un saignement au sondage confirment l’inflammation du parodonte. Deux fines tuméfactions en regard des racines de 21 et 22 précédemment extraites témoignent de fistules apicales anciennes.

Des implants trop haut-situés en raison d’une crête résorbée et trop inclinés (c’est-à-dire leur grand axe émergeant sur le versant vestibulaire des prothèses) sont responsables d’une réhabilitation non fonctionnelle et inesthétique.
En dehors d’une amélioration du rendu esthétique de la fausse gencive, aucune alternative prothétique significative ne semble en mesure de corriger la vision par transparence des cols implantaires ou de corriger le surplomb prothétique et son ombre portée (la réalisation d’un tablier plus étendu ne pouvant qu’aggraver le décalage de la ligne gingivale et les difficultés de maintenance).

Selon vous, face à une atrophie osseuse verticale segmentaire préimplantaire, ne pas proposer une reconstruction crestale préalable par ROG ou greffe constitue-t-il une perte de chance pour le patient?
Selon vous, en présence d’une atrophie crestale est-on assuré qu’une information exhaustive sur la fausse gencive soit suffisante pour que le patient accepte une fausse gencive ?

Commentaires

toto

Bonjour,
Oui, je pense que la ROG et les greffes sont constitutifs de l’état actuel des moyens thérapeutiques et qu’elles doivent être proposées.
L’information loyale doit concerner les différents moyens ; dans ce domaine comme dans les autres cas où l’on recherche le meilleur compromis, nous sommes responsables de ce qu’a compris le patient. il va sans doute falloir systématiser les validations par les patients des étapes d’acceptation de nos plans de traitement.

frisou

il n’y a pas de honte à recommencer, j’enlèverais un implant en laissant l’autre supporter une prothèse en cantilever puis,je ferais une reconstruction de crête pour poser un implant dans de meilleures conditions avec une orientation plus favorable puis l’implant bioaccépté me sert pour faire une prothèse en cantilever après avoir éliminé le deuxième implant et reconstruit la crête.Quelques mois suffisent pour mettre le deuxième implant dans de bonnes conditions.Il n’y a rien de définitif en prothèse, l’adjectif « définitif » appartient à un langage d’assureur ou de pompes funèbres mais n’existe pas chez les thérapeutes.

Benoît PHILIPPE

Merci Frisou pour votre participation active à cet espace de discussion. L’intérêt des Blogs est de permettre à chacun de s’exprimer sur un sujet précis. Je suis certain que votre avis sera lu par de nombreux internautes « thérapeutes » comme vous spécialistes en prothèse sur implants ou en l’implantologie. Ils ne manqueront pas de donner leur position sur ce cas qui n’est pas isolé.
Benoît PHILIPPE

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