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Biopsie d’une lésion de la cavité buccale

Toute lésion muqueuse suspecte de la cavité buccale doit être biopsiée. En présence d’un facteur irritant constaté en regard de la zone suspecte (dent délabrée, prothèse dentaire…), son élimination est nécessaire et doit faire disparaître la lésion observée en deux ou trois semaines. Dans le cas contraire, elle doit être considérée suspecte et être biopsiée.

Le prélèvement obtenu grâce à la biopsie fait l’objet d’un examen anatomo-pathologique, afin d’obtenir un diagnostic histologique.

  1. Avant la biopsie

    • Il faut rechercher un trouble de l’hémostase : antécédents, prise d’anticoagulants.
  2. Choix de la zone à prélever

    • La biopsie doit être représentative de l’ensemble de la lésion.
    • La biopsie doit être profonde pour obtenir toutes les couches cellulaires.
    • Si la lésion est inhomogène, la biopsie doit être faite à cheval, à la jonction muqueuse saine et muqueuse atteinte.
    • Si la lésion est inhomogène, il faut des biopsies multiples.
    • Si la lésion est petite, la biopsie peut enlever toute la lésion suspecte et constituer le traitement exclusif en cas d’histologie bénigne en anatomo-pathologie.
    • Il faut éviter de faire des biopsies dans des zones de nécrose et au fond d’une ulcération (risque d’histologie non contributive).
    • Le tissu biopsié doit rester indemne de toute manipulation traumatique (en particulier les pinces à griffes).
  3. Pièges anatomiques

    • Au niveau de la face interne des joues : canal de Sténon et vaisseaux faciaux.
    • Au niveau du palais : artères palatines postérieures et antérieures.
    • Au niveau plancher buccal : nerf lingual et canal de Wharton.
    • Au niveau de la muqueuse des lèvres inférieures : branches terminales de la troisième branche du nerf trijumeau (V3).
  4. Anesthésie locale

    Image1
    • Soit péri-lésionnelle dans la muqueuse :

    il convient de ne pas injecter dans la zone à prélever, notamment car l’œdème tissulaire peut modifier les résultats de l’examen anatomo-pathologique.

    • Soit tronculaire : troisième branche du nerf trijumeau (V 3) au niveau de l’épine de Spix, ou deuxième branche du nerf trijumeau (V2) au niveau du canal naso-palatin.
  5. Technique de prélèvement

    • Conditions d’aseptie.
    • Faite au punch ou au bistouri lame froide.
    • En quartier d’orange.
    • De taille suffisante (0,5 à 1cm de long en moyenne), intéressant l’épithélium et le chorion sous jacent.
    • Hémostase et suture au fil résorbable.
  6. Que faire de la biopsie ?

    • Le prélèvement est placé dans un flacon de 50cc, contenant un liquide fixateur, fourni par le laboratoire. Le fixateur habituel est le formol à 10% tamponné.
    • En cas de suspicion de lymphome ou de sarcome, un 2ème fragment est envoyé rapidement au laboratoire à l’état frais.
    • En cas de prélèvements multiples, il faut autant de flacons numérotés que de prélèvements.
    • L’envoi au laboratoire d’anatomo-pathologie doit être accompagné d’une fiche de renseignements confidentiels destinée à l’anatomopathologiste. Cette fiche comporte des renseignements administratifs concernant le patient et des informations sur le prélèvement: nature du prélèvement, le siège précis (schéma si besoin), clinique, hypothèses diagnostiques et les questions posées.
  7. Information du patient

    • Les résultats sont obtenus en une semaine en moyenne en fonction du caractère urgent ou non de la demande.
    • Un rendez-vous de contrôle est recommandé pour communiquer oralement le résultat au patient, et donne l’occasion de contrôler la cicatrice au niveau de la zone biopsiée.
  • Considérez vous que les indications de biopsie sont difficiles à poser?
  • Vers quel spécialiste adressez-vous vos biopsies et pourquoi ?

Commentaires

janea

Merci pour ce post qui nous apporte de réelles informations. Utiles pour tous les praticiens.
Existe-t-il des contre indications des biopsies?

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