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L’ankyloglossie chez le nourrisson

L’ankyloglossie est une anomalie congénitale qui se définit comme un frein de langue trop court et/ou trop fibreux (donc peu élastique). La protrusion de la pointe de la langue est gênée et la langue ne peut pas dépasser les lèvres. De même, la langue est limitée dans son ascension vers le palais.
Le diagnostic est évoqué chez les nouveau-nés qui ont des difficultés d’allaitement.

Il existe des répercussions importantes sur l’allaitement. La mise au sein et l’accrochage du mamelon sont difficiles. La langue est également utile pour créer l’étanchéité autour du mamelon et faciliter la succion. Comme elle est limitée dans ses mouvements, l’étanchéité se fait mal, la succion est moins efficace, la durée de tétées est plus longue, l’enfant s’épuise et se nourrit moins.
De plus, la langue constitue une interface douce entre la crête alvéolaire et le mamelon. Avec l’ankyloglossie, la langue ne peut jouer son rôle protecteur. Il apparaît alors des lésions traumatiques de la région aréolo-mamelonnaire qui vont rendre l’allaitement encore plus compliqué.
Enfin, l’inefficacité du drainage lactéal va favoriser les engorgements et le risque de mastite douloureuse pour la mère.
Tous ces arguments tendent vers un abandon précoce de l’allaitement avec des répercussions sur la courbe de croissance.

Le traitement consiste en une frenotomie avant l’âge de 6 mois lorsque le frein n’est encore qu’une fine membrane celluleuse. Elle est réalisée sans anesthésie (à cet âge, le frein n’est pas innervé) et ne nécessite aucun point de suture (le geste est exsangue). L’incision se fait aux ciseaux droits. Elle est facilitée par l’utilisation d’une sonde cannelée qui charge la langue vers le haut et met en tension le frein de langue. L’alimentation peut être reprise immédiatement. Aucun soin n’est nécessaire. C’est une intervention peu risquée à condition d’être réalisée précocement avant 6 mois. Le seul risque à déplorer est la récidive mais cela est rarissime.

On retrouve 96% d’amélioration sur l’allaitement après section du frein : une diminution des douleurs mamelonnaires à l’accrochage du mamelon et à la succion ; une amélioration de la prise des biberons avec une diminution du temps de prise et une quantité de lait ingurgitée plus importante.

En conclusion, l’ankyloglossie est une atteinte fréquente, le traitement est simple avec quasi aucune complication et les résultats sont excellents.
Le risque d’une abstention thérapeutique ou d’une absence de diagnostic précoce peut se retrouver chez l’enfant avec des répercussions sur la phonation, la croissance maxillo-mandibulaire ou l’hygiène bucco-dentaire.

Commentaires

Alice R

Article très intéressant, notamment les données sur l’allaitement 🙂
Je m’interroge sur la question de la non innervation du frein chez le nourrisson : quelle est la source de cette information ?

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