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Ostéotomie courte de la mandibule : réduire le risque d’atteinte du nerf alvéolaire

L’ostéotomie sagittale de la mandibule est l’intervention de référence dans le traitement des dysmorphoses dento-faciales à participation mandibulaire. Après une période de préparation orthodontique la chirurgie mandibulaire permet de corriger le décalage des bases squelettiques afin d’obtenir une occlusion dentaire stable dans le cadre d’une harmonie faciale fonctionnelle et esthétique.

Cette chirurgie n’est pas dénuée de risques en particulier concernant le nerf alvéolaire inférieur. Celui-ci se trouve dans la zone de clivage mandibulaire et nécessite dans certains cas d’être disséqué ce qui le traumatise.

Nous publions une technique chirurgicale à clivage mandibulaire court, ne nécessitant jamais cette dissection. Cette technique divise par au moins 10 le risque d’hypoesthésie postopératoire durable et est particulièrement adaptée aux petits déplacements. Cette réduction du risque permet de proposer cette intervention à des cas à déplacement réduit . Il devient donc plus facile pour l’orthodontiste de proposer une solution chirurgicale en alternative au compromis occlusal.

L’intervention sous anesthésie générale est entièrement réalisée par voie endobuccale. Une courte incision en regard de l’angle mandibulaire permet la dissection de la branche montante. Après repérage de l’épine de Spix et libération atraumatique du nerf la branche montante peut être sectionnée dans l’épaisseur du trigone rétromolaire (Fig. 1).

Après déplacement et mise en occlusion des arcades l’ostéosynthèse est réalisé à l’aide d’un contrangle pour forêt et tourne-vis par des plaques et des vis d’ostéosynthèse, dont une bicorticale par côté, indépendante de la plaque d’ostéosynthèse.

Il n’y a pas de blocage intermaxillaire, la durée de l’intervention est de 45 minutes, l’hospitalisation courte de 1 à 2 nuits. Les germes des dents de sagesse peuvent être retirés durant la même session opératoire.

  • Peut-on utiliser cette ostéotomie pour tous les cas de dysmorphose dento-faciale ?
  • Doit-on prévoir un blocage intermaxillaire ?
Bibliographie :

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