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Réhabilitation prothétique dentaire sur implants après une chirurgie carcinologique #1

Introduction

Le carcinome épidermoïde est le cancer le plus fréquent de la cavité buccale (90 % des tumeurs malignes*. Les facteurs de risque principaux sont le tabac et l’alcool.
La prise en charge des cancers de la cavité buccale est systématiquement discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire et repose en première intention sur la chirurgie quand celle-ci est possible.
L’exérèse chirurgicale de la tumeur doit être complète et en marges saines.
Les exérèses carcinologiques sont larges et entrainent des répercussions sur l’articulé dentaire. Celles ci sont aggravées par les avulsions dentaires multiples souvent nécessaires.
En fonction de la localisation et de la perte de substance, la reconstruction se fera par des lambeaux pédiculés ou des lambeaux micro-anastomosés.
La réhabilitation dentaire est l’objectif suivant dans la suite de prise en charge de ces patients.
Celle-ci n’est pas classique du fait des séquelles chirurgicales dues aux pertes de substances parfois importantes et aux avulsions multiples.
La réhabilitation devra être, si possible, globale, intervenant à la fois sur le plan fonctionnel, esthétique et psychologique.
Une prise en charge combinée associant chirurgien maxillo-facial, stomatologue, dentiste et prothésiste est souhaitable durant toute la durée du plan de traitement. Au mieux, elle débutera dès la prise en charge carcinologique.
La réhabilitation prothétique se fera de manière traditionnelle dans un premier temps à l’aide de prothèses amovibles partielle ou complète, squelettée ou non.
Si ces dernières ne sont pas supportées ou présentent un défaut de rétention majeur, une solution implanto-prothétique doit s’envisager.
Les règles de conception et de réhabilitation prothétiques traditionnelles ne peuvent être appliquées de manière stricte chez les patients traités pour cancer de la cavité buccale. Bien que servant de fil conducteur, le dentiste et le prothésiste devront savoir effectuer des compromis et s’adapter aux conditions locales voire générales difficiles.

Critères à considérer lors d’une réhabilitation prothétique

Critères locaux favorables

  • La bonne intégration du lambeau osseux.
  • La hauteur adaptée du lambeau osseux.
  • L’absence de brides endobuccales qui peuvent limiter la stabilité de la prothèse.
  • La présence et le bon pronostic des dents restantes.
  • La bonne qualité du support muqueux.
  • La bonne hygiène buccodentaire.

Critères fonctionnels défavorables (post-radiques essentiellement)

  • La xérostomie (hyposialie ou asialie) qui est un handicap au maintien au long cours de la prothèse.
  • La fibrose tissulaire qui entraine une limitation de l’ouverture buccale (notamment post radique).

Critères généraux favorables

  • L’état psychologique, la motivation et l’adhésion du patient au projet prothétique implantaire.
  • L’arrêt de l’intoxication alcoolo-tabagique.
*EMC : Cancer de la cavité buccale. Préambule, épidémiologie, étude clinique.
Quel type de profil vous semble le plus adapté pour le bord juxta gingival de la prothèse transvissées au voisinage des grandes reconstructions ?

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