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Gestion de l’alvéole post-extractionnelle à visée implantaire : le secteur antérieur #2

Nous allons voir dans ce post, une technique de préservation de l’alvéole dentaire en secteur antérieur. Dans le précédent post, nous avions vu à travers la littérature, l’importance de mettre en place une stratégie de préservation de la crête alvéolaire immédiatement après une extraction dentaire en secteur antérieur. A partir de deux situations cliniques au niveau antérieur, nous allons détailler très précisément la technique opératoire employée.

Pour le premier cas, il s’agit d’une incisive centrale (11) fracturée et infectée avec la présence d’un kyste apical. Une procédure de préservation de l’alvéole est planifiée.

Pour le deuxième cas, il s’agit d’une incisive centrale (11) compromise à cause d’une résorption interne et d’une incisive latérale (12) avec un support osseux définitivement altéré. Une procédure de préservation de la crête est aussi planifiée

Step by step :

La première phase est le temps extractionnel.

Après anesthésie vestibulaire et palatine, une incision est réalisée en intra-sulculaire autour du collet des dents à extraire. A l’aide d’un décolleur, la gencive est décollée en vestibulaire et en palatin sans incision de décharge. Il faut veiller à rester avec le décolleur au contact osseux en sous-périostée. Le décollement est réalisé sur une hauteur dépassant les apex des dents. Puis les dents sont extraites avec un maximum de précaution afin de préserver la table osseuse vestibulaire très fragile. Un contrôle visuel du respect de l’intégrité de l’os est rendu possible grâce au décollement très étendu et malgré l’absence d’incisions verticales de décharges. Puis, à l’aide de curettes parfaitement aiguisées, l’alvéole est débridée et assainie.

La deuxième phase est le temps du comblement osseux.

Une allogreffe (Biobank) sous forme particulaire est préparée à l’aide de l’exsudat L-PRF récupéré après la confection des membranes de L-PRF (posts Procédures cliniques L-PRF #1, #2, #3, #4). Le biomatériau est introduit dans l’alvéole par apport successif et fermement compacté jusqu’au remplissage complet de l’alvéole.

La troisième phase est le temps L-PRF.

Des membranes de L-PRF sont disposées les unes sur les autres sur la crête osseuse afin de recouvrir complètement le comblement osseux : une extrémité de la membrane est glissée le long de la table osseuse vestibulaire, au contact osseux, et l’autre extrémité de la membrane est glissée en palatin, au contact osseux aussi.

La quatrième phase est le temps de la fermeture du site opératoire.

Différentes sutures sont utilisées afin de plaquer fermement la gencive vestibulaire et palatine sur le L-PRF. On ne recherche pas à obtenir une fermeture berge à berge de la gencive vestibulaire et palatine. L’intérêt du L-PRF est justement d’éviter de déplacer au maximum la ligne muco-gingivale vestibulaire trop coronairement. Une cicatrisation de seconde intention est attendue.

L’iconographie montre l’ensemble de la procédure de préservation de la crête pour le premier cas (images 1 à 7) et pour le deuxième cas (images 8 à 18).

  • Lors de la pose des implants (4 mois après le comblement), quelle manœuvre sur les tissus mous utiliseriez-vous ?
  • Mettriez-vous en mise en charge immédiate les implants ?

Commentaires

david35

Quand la table externe est intacte, pourquoi ne pas réaliser d’eii?
Surcoût du comblement alvéolaire pour en plus perdre 4 mois alors que ces cas se prêtaient à une eii avec comblement de gap et rog vestibulaire.
Quelle étude sérieuse nous conseille cette thérapeutique avec comblement au biobank pour quelle amélioration sur lalveolyse?
Merci

Bonsoir,
Voici une revue de la littérature parrue en 2015 dans Implant Dentistry:
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26505131
Les conclusions de cette étude sont qu’on obtient moins de contractions cicatricielles au niveau des alvéoles post-extractionnelles comblées avec un matériau de greffe que les alvéoles post-extractionnelles non comblées (en zone antérieure). Cependant, les différentes études de l’analyse n’ont pas mis en évidence un matériau de comblement supérieur ou inférieur à un autre.

Pour ce qui est de l’extraction implantation immédiate, effectivement certains cas s’y prêtent parfaitement:
https://www.idweblogs.com/chirurgie-implantaire/2016/05/11/regeneration-osseuse-guidee-2/

Dans le premier cas présenté dans ce post, l’importance de la lésion m’a fait opter pour un comblement simple. Mais peut être qu’effectivement l’option d’EII aurait pu marcher aussi.
Merci pour vos commentaires pertinents

Bonne soirée

Charles-Henry SENECHAUT

Merci pour ton commentaire Frédérick
En effet, en plus d’être très compatible l’un avec l’autre; une fois la technique bien maitrisée, les résultats sont très reproductibles.

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