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Implants ptérygoidiens #1

Les patients édentés présentant un maxillaire postérieur sévèrement résorbé représentent pour les praticiens un vrai challenge dans le cadre d’un traitement implantaire. Le déficit osseux résultant de l’extraction des dents sinusiennes, de la maladie paradontale et de la pneumatisation du sinus maxillaire contre-indique souvent la possibilité de proposer aux patients un traitement fixe à l’aide d’implants dentaires. Les techniques d’augmentations osseuses en particulier les greffes sinusiennes, permettent actuellement de pallier à ce problème de déficit osseux (1. Buser et al, 2. Aghaloo et al). Cependant, ces techniques ne sont pas sans morbidité associée et demandent de nombreux mois de cicatrisation osseuse, retardant le traitement implantaire. De plus, les patients de plus en plus âgés présentent souvent de nombreuses pathologies associées rendant problématique la répétition de chirurgies longues et complexes.
L’utilisation d’implants longs et inclinés donne la possibilité de s’affranchir de ces greffes osseuses (3. Aparicio et al), notamment les implants ptérygoïdiens. Ces derniers pénètrent l’os basal de la région ptérygomaxillaire (au niveau de l’intrication du processus pyramidal de l’os palatin avec l’aile médiale et latérale du processus ptérygoïde du sphénoïde) afin d’augmenter la stabilité primaire (figures 1 à 6). Ils passent en dehors de l’artère palatine descendante.

L’utilisation de ces implants nécessite une parfaite connaissance de l’anatomie de la zone à implanter. Une étude réalisée en 2014 par Rodriguez et al (4) s’est intéressée à la zone ptérygomaxillaire en vue d’un traitement à l’aide d’implants ptérygoïdiens chez 100 patients. Trois mesures moyennes ont été calculées :

  • l’inclinaison moyenne du pilier ptérygomaxillaire avec le plan de Frankfort (en vue sagittale) forme un angle de 72,5+/-4,9 degrés,
  • l’inclinaison moyenne du pilier ptérygomaxillaire avec le plan de Frankfort (en vue frontale) forme un angle de 81,3+/-42,8 degrés,
  • la longueur moyenne du grand axe du pilier ptérygomaxillaire est de 22,5+/-4,8mm.

Les conclusions de cette étude sont que le placement des implants ptérygoïdiens requiert une grande précision lors de la pose et que la longueur moyenne de ces implants est comprise entre 15 et 18 mm.
Une revue de la littérature publiée en 2012 (5. Candel et al) confirme la validité du traitement du maxillaire postérieur résorbé à l’aide d’implants ptérygoïdiens avec un taux de succès de 90,7% pour 1053 implants ptérygoïdiens posés.

  • Y a-t’il un risque chirurgical majeur pour la pose de l’implant ptérygoïdien?
  • Si oui, que proposez-vous pour éviter ce risque?
  • Quels sont les intérêts des implants ptérygoïdiens chez le grand résorbé maxillaire?

Bibliographie :
1. Buser D, Ingimarsson S, Dula K, Lussi A, Hirt HP, Belser UC. Long-term stability of osseointegrated implants in augmented bone: a 5-year prospective study in partially edentulous patients. Int J Periodontics Restorative Dent 2002;22:109-117.

2. Aghaloo TL, Moy PK. Which hard tissue augmentation techniques are the most successful in furnishing bony support for implant placement? Int J Oral Maxillofac Implants 2007;22:49-70.

3. Aparicio C, Perales P, Rangert B. Titled implants as an alternative to maxillary sinus grafting: a clinical, radioligic, and periotest study. Clin Implant Dent Relat Res 2001;3:39-49.

4. Rodríguez X, Rambla F, De Marcos Lopez L, et al. Anatomical study of the pterygomaxillary area for implant placement: cone beam computed tomographic scanning in 100 patients. Int J Oral Maxillofac Implants 2014 Sep-Oct; 29(5):1049-52.

5. Candel E, Penarrocha D, Penarrocha M. Rehabilitation of the atrophic posterior maxilla with pterygoid implants: a review. J Oral Implantol 2012;38:461-466.

Commentaires

rene

Excellente possibilité de stabilisation
Mais ça fait peur d’y aller

La seule fois ou je m’y suis ancré , c’était avec un guide chirurgical
Et j’étais serein

Bonjour,
Tout à fait d’accord avec vous. La présence de l’artère palatine descendante à proximité, rend cette chirurgie particulièrement stressante.
J’en profite pour remercier le docteur Guy Huré qui a été le premier à me former à cette technique.
J’ai une question à vous poser: quel type de guide aviez-vous utilisé?
Merci
CH Sénéchaut

rene

Charles Henry
Moi j’étais passé par Posit dental pour faire le guide
Tip top

Rene

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