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Résultats de l’enquête sur l’utilisation de la caméra optique en cabinet #2

Difficulté de prise en main d’une caméra optique

Les questions sur la difficulté de prise en main nous apprennent que l’usage d’une caméra optique nécessite une courbe d’apprentissage. On remarque que pour la majorité des praticiens la prise en main de la caméra est aujourd’hui considérée comme « facile ». Dans son article, Lee (1) suggère en effet que la courbe d’apprentissage d’une empreinte numérique est plus favorable que celle d’une empreinte conventionnelle qui demande une plus grande expérience. De plus pour la majorité des praticiens la prise d’empreinte numérique est plus facile que la prise d’empreinte conventionnelle. Pour Lee, ce phénomène est accentué chez les étudiants qui n’ont pas ou peu d’expérience en matière d’empreintes conventionnelles ou numériques (1)

Fig. 1 : Nombre de praticiens estimant la difficulté initiale et actuelle de leur caméra
Fig. 1 : Nombre de praticiens estimant la difficulté initiale et actuelle de leur caméra

Temps de mise en oeuvre d’une empreinte optique par rapport à une empreinte conventionnelle

De même pour une majorité des praticiens le temps de mise en œuvre est moins important ou équivalent à une empreinte classique. Ces données sont en corrélation avec plusieurs auteurs (2,3).

Fig. 2 : Pourcentages des praticiens estimant le temps de mise en oeuvre d'une empreinte optique par rapport à celui d'une empreinte conventionnelle
Fig. 2 : Pourcentages des praticiens estimant le temps de mise en oeuvre d’une empreinte optique par rapport à celui d’une empreinte conventionnelle

De plus pour Lee et Gallucci, avec les empreintes numériques il y a plus de reprises de scan que de reprises d’empreintes conventionnelles. Cela s’explique par le fait que lorsqu’il y a un manque sur un modèle numérique l’utilisateur n’est pas obligé de reprendre l’intégralité de l’empreinte ce qui est plus généralement le cas avec une empreinte conventionnelle. Cela inciterait même l’usager à faire plus de retouches de ses empreintes numériques et donc à être plus exigent sur la qualité de ces dernières. (2)

Réduction du nombre de séances dans le processus prothétique

Fig. 3 : Pourcentages des praticiens estimant que l'empreinte optique leur permet de réduire le nombre de séances en fonction du type de CFAO utilisé.
Fig. 3 : Pourcentages des praticiens estimant que l’empreinte optique leur permet de réduire le nombre de séances en fonction du type de CFAO utilisé.

Nous notons d’ailleurs que pour plus de la moitié des usagers de CFAO semi-directe exclusivement, le recours à une caméra numérique permet de réduire le nombre de séances lors du processus prothétique. Nous pouvons expliquer cela en partie, car il y a moins de demandes de la part du prothésiste de reprendre les empreintes. Plusieurs raisons à cela :

  • Elles sont validées directement lors de l’enregistrement par le logiciel et le praticien.
  • De plus, il semblerait que le praticien accorde une exigence plus importante à la qualité de son empreinte numérique (2).
  • Enfin, pour une majorité des praticiens, l’acquisition d’une caméra optique leur a permis d’améliorer la qualité de leurs préparations : et ce du fait que l’on peut visualiser directement, en positif, le modèle virtuel.

Il est évident que pour les utilisateurs de CFAO directe, le nombre de séances lors du processus prothétique a diminué. Cependant, un praticien a porté à notre attention qu’il passait toujours par une étape de provisoire même en CFAO directe.

Meilleure communication avec le prothésiste

Fig. 4 : Pourcentages de praticiens pour qui l'acquisition d'une caméra optique a permis une meilleure communication avec leur prothésiste en fonction du type de CFAO utilisé
Fig. 4 : Pourcentages de praticiens pour qui l’acquisition d’une caméra optique a permis une meilleure communication avec leur prothésiste en fonction du type de CFAO utilisé

La caméra optique a permis une meilleure communication avec leur prothésiste pour près la moitié des praticiens usagers de CFAO semi-directe. On comprend cela, car le prothésiste peut avoir accès immédiatement au modèle virtuel et le visualiser simultanément avec le praticien, donc échanger plus aisément. En revanche la communication ne s’est améliorée avec leur prothésiste que pour une minorité de praticiens usagers de CFAO directe, ceci s’explique par le fait qu’ils ont moins de contacts avec ces derniers du fait d’une demande moins importante.

Pour la 86 % des praticiens, l’acquisition d’une caméra optique a entraîné une meilleure qualité des prothèses. On peut expliquer cela en partie par le fait que les praticiens réalisent des empreintes de meilleure qualité, il n’y a pas de déformation dimensionnelle de l’empreinte et enfin la qualité de leurs préparations semble également s’être améliorée. De plus dans certains cas l’empreinte optique peut présenter une précision supérieure aux empreintes conventionnelles ainsi que les processus de fabrication des pièces prothétiques qui s’en suivent.

92 % des praticiens de notre échantillon ont continué à s’intéresser à la technologie des empreintes numériques.
Il serait intéressant cependant d’aller plus loin dans les investigations en touchant un échantillon plus large de praticiens et en précisant leur pratique prothétique en s’intéressant aux matériaux utilisés pour leurs prothèses et à leur mode de fabrication.

Je remercie mon directeur de thèse le Dr Antoine Galibourg pour son implication dans ce travail ainsi que le Dr Jean-Noël Vergnes pour l’aide qu’il nous a apportée.
Je remercie également l’équipe d’Idweblogs qui a permis la publication du questionnaire et donc l’augmentation de l’échantillon.

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