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L’empreinte implantaire chez le patient édenté complet #2 : l’empreinte au plâtre

Dans un premier post, nous avions détaillé l’empreinte mixte plâtre-polyéthers, empreinte permettant d’enregistrer le joint périphérique d’une prothèse complète, et la position des implants. Ce type d’empreinte est indiquée, par exemple, pour les prothèses amovibles complètes implanto-retenues (par des barres ou des attachements axiaux types Novaloc ou Locator).

Le plâtre

Dans l’hypothèse d’une situation clinique où le joint périphérique n’est pas nécessaire, une empreinte au plâtre seul est bien adaptée. C’est le cas, par exemple, pour les solutions complètes fixées (bridges classiques et bridge sur « pilotis ») (fig.1).


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Bien que ce soit un des matériaux utilisés le plus tôt dans le cursus universitaire, au même titre que la cire, le plâtre est peu utilisé par les praticiens. Pourtant, il possède plusieurs avantages : stabilité dimensionnelle, hydrophilie, manipulation simple (juste mélange eau/plâtre), coût très faible, possibilité de recoller des morceaux d’empreinte (si les tubérosités présentent des contre-dépouilles par exemple).

L’empreinte au plâtre reste un « gold standard » pour les empreintes primaires en vue de réaliser des prothèses amovibles complètes conventionnelles pour un patient édenté complet. Des porte-empreintes métalliques du commerce, conçus pour ces empreintes sont disponibles (Cerpak). Le plâtre étant muco-statique ; il ne déplace pas les structures périphériques. Les surextensions sont ainsi limitées.

Il est aussi important de noter qu’aucun adhésif n’est nécessaire sur les porte-empreintes du commerce ou individuel : il adhère à tous les supports.

Il y a toutefois des précautions à prendre au laboratoire, le prothésiste doit appliquer un isolant sur le plâtre avant de traiter l’empreinte.

Le porte empreinte individuel

La réalisation du PEI est identique à celle détaillée dans le post précédent, à la différence que, pour des reconstructions fixées, il y a généralement plus d’implants et que, par conséquent, les fenêtres sont plus larges (fig. 2).

Avant de conduire l’empreinte, le PEI doit être essayé et validé sur l’arcade : les transferts d’empreinte ne doivent pas interférer avec le PEI. Il est évident que les transferts d’empreinte sont des transferts pour empreinte à ciel ouvert, l’empreinte à ciel fermé et impossible avec du plâtre (fig. 3 et 4).

Déroulement de l’empreinte

Un plâtre à empreinte de type 1 est utilisé, Snow White (Kerr) par exemple. Un temps de prise court est compatible avec la réalisation des empreintes.

Le mélange et la préparation du plâtre sont les étapes critiques pour le succès de l’empreinte (fig. 5 à 7). Les précautions à prendre sont simples :

  • prendre de l’eau froide (la chaleur est un catalyseur de la réaction de prise) ;
  • apporter le plâtre petit à petit dans l’eau jusqu’à saturation puis mélanger parfaitement ;
  • ne pas rajouter d’eau une fois que le plâtre à commencer à être incorporé ;
  • une fois le mélange terminé, il a une consistance proche de la crème fraîche épaisse ;
  • il faut prendre l’empreinte rapidement ;
  • en bouche, pour éviter que le plâtre ne « coule » et qu’il y ait des manques, le PEI peut être refermé temporairement avec une feuille de cire (fig. 8 et 9).

L’empreinte maxillaire est plus facile que l’empreinte mandibulaire ; si le patient salive, celle-ci peut venir imbiber le plâtre et rendre l’empreinte cassante. Il est nécessaire d’aspirer si besoin la salive dans ces situations.

La réaction de prise est exothermique : quand le plâtre est chaud et dur, la réaction de prise est complète. À ce moment, les transferts sont dévissés et l’empreinte est désinsérée (fig. 10 et 11). Celle-ci est ensuite décontaminée, les analogues d’implants y sont connectés puis elle est transmise au laboratoire (fig. 12 et 13).

Au rendez-vous suivant, l’empreinte est validée à l’aide d’une clé de validation en plâtre (fig. 14).

    La plupart des illustrations de cet article correspondent à la publication suivante : Perrin J, Plard H, Gastard Y. Réhabilitation orale globale, apport de l’implantologie à une situation terminale. Réalités Cliniques 2015 ; vol. 26 (n° 3) : 241-255.

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