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Alerte aux USA : antalgiques opiacés et addictions #1

La dépendance aux opioïdes aux États-Unis, problème majeur de santé publique

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On assiste, outre-Atlantique, à une campagne de mise en garde sans précédent (depuis l’épidémie liée au VIH) concernant les risques d’addiction aux médicaments opioïdes, prescrits là-bas, larga manu. Toutes les gazettes en font leur une.
Le magazine américain Time nous le dit : « Le Surgeon General [une sorte de directeur du Service de santé publique] des États-Unis, le Dr. Vivek Murthy a écrit à tous les professionnels de santé prescripteurs, pour leur demander de participer à la résolution du problème de la dépendance aux opioïdes aux États-Unis. Il souligne dans la lettre que les décès par surdose d’opiacés ont quadruplé depuis 1999, et que les prescriptions d’analgésiques puissants ont augmenté au point que chaque adulte américain possède un flacon de ces pilules. »

Docteur House et Vicodin™ : des relations plutôt sulfureuses

Nous connaissons tous le docteur Conan Doyle, réputé cocaïnomane, et, plus près de nous, le docteur Gregory House, médecin vaguement misanthrope et toxicomane (preuve que ça ne s’exclut pas forcément, et que l’un peut aller harmonieusement avec l’autre). La série télévisée éponyme devisait, entre autres sujets philosophiques, sur l’éthique et la déontologie médicales.

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Le Dr House prend régulièrement du Vicodin™, en traitement d’une douleur chronique à une jambe. Comme il est classique en matière d’accoutumance, il devient « accro » au Vicodin™, et voit l’efficacité antalgique du médicament diminuer. Il doit immanquablement en augmenter les quantités pour continuer à en tirer un soulagement satisfaisant de ses douleurs.

Je précise : le Vicodin™ est une association de paracétamol et d’hydrocodone, qui, comme un certain nombre de médicaments de la même classe (analgésique narcotique), peuvent faire apparaître un phénomène d’accoutumance, voire de dépendance (notamment en raison de l’hydrocodone, dérivée de deux opiacés naturels, la codéine et la thébaïne).

C’est ce qui est arrivé au bon Dr House, puisqu’il prend son Vicodin™ au petit déjeuner, comme les mémés toulousaines sucent les cachous Lajaunie : sans y penser. Le produit, qui présente un fort risque de dépendance psychologique (comme les cachous, encore), induit une euphorie ; puis l’organisme devient tolérant aux effets psychotropes, de sorte qu’il faut constamment augmenter la dose pour obtenir le même enjouement…ou passer à des produits plus brutaux.
Dernière étape : House finit en prison, grâce à sa notoire inconduite ; avant sa libération, un gang de la prison lui explique de façon convaincante que s’il veut en sortir entier, il devra s’acquitter d’une sorte de péage, sous forme de comprimés de Vicodin, qu’il va donc s’ingénier à détourner…
Et la boucle est bouclée : d’une légitime prescription antalgique, on est passé par les stades successifs de l’accoutumance, de l’addiction, du trafic. Très précisément tout ce que le Surgeon General des États-Unis espère éradiquer.

Quel est le problème, dans notre modeste rayon d’action ?

Pour les États-Unis, on estime qu’environ 23 millions de personnes de plus de 12 ans (il n’est jamais trop tôt pour commencer) ont utilisé le Vicodin™ à des fins non médicales – on appréciera à sa juste valeur la langue de bois pratiquée en forme d’euphémisme – au moins une fois au cours de leur vie.

Il s’agit pour nous de savoir si la prescription, en odonto-stomatologie, d’antalgiques opiacés, est susceptible d’entraîner une accoutumance, une addiction à ce type de médicaments, voire, in fine, une dérive vers l’utilisation de ces produits hors de tout contexte thérapeutique (selon toutes les modalités, plus ou moins avouables et éventuellement répréhensibles).

Dans l’affirmative, restera à déterminer comment cela peut se produire dans les limites de notre exercice.

Une précision finale

Je n’ai évidemment aucune animosité particulière contre le Vicodin™ : c’est probablement le produit de ce type le plus prescrit aux USA, au point d’être pratiquement la vedette de la série télévisée susnommée. Il est donc simplement pour moi l’archétype de l’antalgique opiacé, mais ne saurait en être le bouc émissaire.

  1. Quel usage faites-vous des antalgiques opioïdes dans vos prescriptions antalgiques ?
  2. Ces médicaments vous incitent-ils à une prudence particulière ?

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